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Merci Patron ! en salle à Rodez

Mais où Cap'cinéma détruit toute la portée subversive du film.

Merci Patron ! Le film de François Ruffin sera en salle à Cap'Cinema à Rodez à partir du 8 avril. Lundi 11 avril à 20 h un débat sera organisé après la projection, animé par Jean-Pierre Alexandre de Radio Temps Rodez avec comme intervenants David Gisteau de la CGT, Robert Mestre de la CFDT et… Manuel Cantos de la CCI !

Les dames patronnesses de l'association « Lumières 12 » à l'origine de cet événement ont donc eu l'idée lumineuse pour débattre d'un film parlant de l'exploitation patronale d'inviter le porte-parole du patronat aveyronnais. Soit c'est un piège tendu à M. Cantos et il finira la soirée dans du goudron et des plumes et on rigolera bien, soit c'est encore une grotesque illustration de la caricature de débat soi-disant démocratique et c'est navrant.

Comme le raconte François Ruffin, Merci Patron ! a vu de nombreux obstacles se dresser contre lui. Le CNC a refusé de subventionner le film (- 80 000 euros), les distributeurs ont traîné les pieds pour le programmer, les médias nationaux n'ont fait aucune publicité. Chez Renault, un prestataire qui recommandait le film aux syndicats a été licencié.

En parallèle, l'idéologie du libéralisme économique et de l'austérité tient la tête de tous les médias nationaux, presse, radio et télévision. Manuel Cantos donnent ses leçons de paternalisme patronal dans les pages de toute la presse locale.

Le jour où un créneau s'ouvre pour la parole des salariés, il faudrait encore céder une partie de ce temps pour entendre leurs exploiteurs ? Je n'appelle pas ça un débat démocratique.

« Lumières 12 » auraient-ils l'idée d'inviter un violeur pour parler du droit des femmes avec le Planning Familial ? L'invitation du président de la CCI lundi prochain est aussi indécente.

Sur la question des rapports sociaux en entreprise, il ne peut y avoir d'objectivité ni de recherche de consensus puisque ces rapports sont régis par des liens de subordination et par des intérêts économiques contradictoires. La recherche du profit maximum ne s'accorde pas avec l'émancipation des salariés, le film de François Ruffin l'illustre. Faire débattre salariés et patrons n'est donc qu'une perte de temps et un objet de mépris condescendant envers les salariés et syndicalistes.

A Rodez comme ailleurs, faisons en sorte que le titre du film de Ruffin ne devienne pas du premier degré.

G.H.

Tag(s) : #Les billets de G.H.

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