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À travers quelques dates marquantes ou significatives, nous revenons sur l’année 2009. Elle a été dominée par l’approfondissement de la crise globale et la mise en œuvre des plans de sauvetage du système financier pour rétablir les profits, au prix de nouvelles attaques contre les travailleurs et les peuples. 2009 marque le basculement du monde dans une crise chronique qui signe la faillite de la politique libérale et impérialiste des classes dominantes. Avec, en corollaire, une exacerbation des tensions dans les relations internationales, bouleversées par plus de vingt années de mondialisation capitaliste.
On assiste à une montée du militarisme pour tenter de maintenir un ordre mondial de plus en plus déstabilisé par les rivalités entre puissances attisées par une concurrence économique acharnée en dépit des liens de dépendance économique tissés à travers le marché mondial.
Jamais les dépenses militaires des États n’ont été aussi importantes depuis la fin de la guerre froide. 2009, c’est aussi l’année d’une nouvelle montée de la contestation sociale et politique. Des luttes des travailleurs aux manifestations de Copenhague, en passant par le Forum social de Belém, une nouvelle conscience internationaliste émerge…


- 3 janvier : L'armée israélienne pénètre dans la bande de Gaza qui, depuis le 27 décembre 2008, subit un déluge de feu et de fer qui dure jusqu’au 18 janvier : 1 387 tués dont 413 enfants et plus de 5 000 blessés, des maisons, des hôpitaux et des écoles détruites… Ce déferlement de violence avec la « complaisance » des puissances impérialistes américaine et européennes a suscité indignation et manifestations dans le monde entier.
- 20 janvier : L’investiture de Barak Obama, 44e président des États-Unis, met fin à l’ère Bush. Celui qui n’a pas eu un mot contre l’agression israélienne parle de coopération et de paix, mais derrière les symboles et les discours, se profilent les plans de sauvetage des banques et les renforts en Afghanistan, le redéploiement diplomatique et militaire qui vise à maintenir la domination américaine sur le monde.
- 20 janvier : Après des semaines d’agitation, de grèves, de manifestations, débute la grève générale dirigée par le LKP en Guadeloupe qui paralyse l'île jusqu'au 5 mars, entraînant la Martinique et exerçant son influence jusqu’à la Réunion en passant par Paris.
- 22 mars : Au Salvador, Mauricio Funes, candidat du Front Farabundo Marti de Libération nationale, emporte l’élection présidentielle, première victoire de la gauche depuis la fin de la guerre civile en 1992.
- 2 avril : G20 de Londres et sommet de l’Otan à Strasbourg du 3 au 5 avril, deux occasions pour le nouveau président américain de déployer sa propagande sur la nécessaire coopération entre les États, tant sur le plan financier et économique au sein du FMI que sur le plan diplomatique et militaire dans le cadre de l’Otan pour sauver le système financier et intensifier « la guerre juste » en Afghanistan. Deux moments forts aussi de la nouvelle contestation internationale à Londres comme à Strasbourg.
- 26 avril : La guérilla du LTTE, les tigres tamouls, décrète un cessez-le-feu unilatéral méprisé par l’armée sri-lankaise qui écrase, brise la résistance et ses dirigeants. La répression ne résout en rien l’injustice et la discrimination imposée à la minorité tamoule par les différents gouvernements soutenus par les nationalistes chauvins cinghalais depuis la fin de la domination coloniale britannique.
- 26 avril : Début de l’offensive de l'armée pakistanaise dans la vallée de Swat, dans le nord-est du Pakistan, contre les talibans qui ouvre une nouvelle étape dans la crise régionale nourrie par la guerre engagée par l'Otan en Afghanistan.
- 13 juin : En Iran, la victoire d’Ahmadinejad acquise par des fraudes massives et contestée par Moussavi provoque un mouvement populaire contre la dictature de l’État et des religieux. Si la répression a pu étouffer la contestation pour un temps, la crise du régime théocratique est ouverte.
- 28 juin : Au Honduras, le général Roméo Vasquez déclenche un coup d'État militaire pour destituer le président Manuel Zelaya, arrêté puis expulsé. Pour la première fois en cinquante ans, un vaste mouvement populaire s’oppose aux putschistes. La complicité des USA est patente et s’inscrit dans une nouvelle offensive impérialiste en Amérique latine dont témoigne aussi l’implantation de bases militaires en Colombie.
- 30 juin : Les USA retirent leurs troupes des grandes villes d’Irak à défaut de se retirer du pays. Le même jour un attentat dans la ville de Kirkouk fait 33 morts et 90 blessés, sanglant témoignage du climat de guerre civile, de chaos créé par l’occupation impérialiste.
- 5 juillet : Début du soulèvement ouïghour à Urumqi contre l'oppression des minorités nationales, réprimé par le gouvernement central chinois : 200 morts et six Ouïghours et un Han sont condamnés à mort.
- 27 juillet : En Chine, le patron d’une aciérie que le gouvernement voulait privatiser est battu à mort par des ouvrières, point culminant d’une vague de conflits ouvriers provoqués par le développement capitaliste de la Chine confronté à la crise mondiale.
- 20 août : L’élection présidentielle en Afghanistan, considérée par les puissances de l’Otan occupant le pays comme la démonstration du bien-fondé de leur politique, tourne à la mascarade. Les fraudes massives imposent l’organisation d’un deuxième tour qui n’aura pas lieu, le concurrent de Karzaï, Abdullah Abdullah, se retirant devant le manque de garantie. Karzaï, l’élu de la fraude et de la corruption, sera désigné en novembre.
- 30 août : Au Japon, victoire éclatante de la coalition formée autour du Parti démocratique du Japon (DPJ) à la chambre basse avec 308 sièges sur 480 (contre 112 auparavant). La défaite du Parti libéral démocrate (LDP), au pouvoir depuis 1955, est un véritable séisme politique. Elle s’explique par le profond discrédit qui frappait le LDP dont le tournant néolibéral en 2001 a profondément appauvri une partie de la population, accru le travail précaire dans des proportions inconnues jusqu’alors et menacé les pensions.
- 27 septembre : Défaite du SPD aux élections législatives au Bundestag allemand qui paye sa participation à la grande coalition avec Angela Merkel et la CDU qui arrive en tête et peut former une coalition noire-jaune avec les libéraux. Au Portugal, le Parti socialiste perd la majorité absolue à l'Assemblée de la République.
- 28 septembre : En Guinée, la junte militaire de Moussa Dadis Camara, arrivée au pouvoir par un coup d’État en décembre 2008, se livre à un bain de sang contre l’opposition, faisant plus de 150 morts et 1 200 blessés. L’impérialisme français porte une lourde responsabilité, lui qui a soutenu la junte alors que 70 groupes industriels français participent au pillage des richesses du pays.
- 2 octobre : Irlande, nouveau référendum sur le traité de Lisbonne, pour effacer le non de 2008. Le oui l’emporte à plus de 66 %, porté par la mobilisation du patronat et de toutes les forces institutionnelles pour imposer l’illusion que l’Europe serait la seule réponse à la crise.
- 5 octobre : En Tunisie, Ben Ali est réélu avec 89,62 % des voix à l'issue d’une mascarade soutenue par l'Europe. La répression se renforce contre les journalistes indépendants (Taoufik Ben Brik est condamné à six mois de prison et Zouheir Makhlouf condamné à trois mois), les syndicalistes étudiants de l'Uget sont déférés le 14 novembre devant des tribunaux. Malgré cela, la résistance des détenus, des femmes et des familles, la solidarité internationale, permettent le
- 5 novembre : La libération conditionnelle des 68 prisonniers du bassin minier de Redeyef-Gafsa incarcérés depuis juin 2008.
- 9 octobre : Barak Obama prix Nobel de la paix. Quelques semaines plus tard, il décide l’envoi de 30 000 hommes supplémentaires en Afghanistan pour « finir le boulot » et faire face à la crise ouverte par l’élection du fantoche Karzaï.
- 14 octobre : La FAO, l’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, publie un rapport révélant que plus d'un milliard d’êtres humains souffrent de la faim dans le monde, soit un sixième de la population. En une seule année,
105 millions de personnes supplémentaires ont souffert de la faim. Condamnation sans appel de la mondialisation
capitaliste et de la politique des multinationales de l’agro­alimentaire.
- 23 novembre : Aux Philippines, le massacre de 57 personnes, dont de nombreuses femmes, et 30 journalistes, à l'occasion d'un conflit électoral par un « seigneur de la guerre » à l'encontre d'un clan rival dans l'île de Mindanao, a aggravé la crise du régime présidé par Gloria Arroyo.
- 7 décembre : Ouverture du sommet de Copenhague qui s'avère être un échec. Aucun accord contraignant les puissances industrielles à diminuer fortement leurs réductions de gaz à effet de serre n’a été établi. Le blocage persistant des États-Unis a pu s’appuyer sur l’absence de volonté de l’Union européenne, chacun des deux préférant stigmatiser la Chine, qui a continuellement renvoyé la balle vers les États-Unis.
Les grands vainqueurs de ce sommet sont les multinationales et les lobbies industriels, qui vont pouvoir continuer à polluer, tout en profitant de l’aubaine créée par la finance carbone et les marchés de droits à polluer.
L’immense manifestation internationale du 12 décembre est un des nombreux signes d’une nouvelle mobilisation contre le capitalisme et ses ravages, mobilisation qui ne manquera pas de s’approfondir, de se radicaliser en 2010…

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