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Du vendredi 14 au dimanche 16 novembre, le PS tient son congrès à Reims. Le vote des militants a placé la motion de Ségolène Royal en tête (29%). Hormis le courant Mélenchon-Dolez, la gauche du parti (19%) s’apprête à nouer des alliances avec les tendances les plus droitières.

Le vote des militants socialistes donne la mesure des difficultés de ce parti de trouver une manière de sortir durablement de la crise politique qui s’approfondit, après trois échecs successifs à la présidentielle. Si le pourcentage des votants est moins bas que ce que craignaient les dirigeants, il reste modeste (55%). Et ceci, après un « lissage » important des adhérents à jour de leurs cotisations.


La fragmentation du parti apparaît nette, comme prévu. Trop libéral en période de crise capitaliste, trop marqué par l’image, justifiée, d’héritier de la direction Hollande et donc rendu responsable des échecs passés, le maire de Paris, Bertrand Delanoë apparaît comme le grand perdant, n’obtenant qu’un quart des suffrages. Martine Aubry, qui insistait sur « les valeurs de gauche » (en fait, celles de la gauche plurielle qui, hors du PS en tout cas, est plutôt associée à l’échec) ne réussit que partiellement son pari. Soutenue à la fois par les fabiusiens et des partisans de Strauss-Kahn, elle fait jeu égal avec Delanoë. Mais – c’est la surprise –, elle est, comme le maire de Paris, distancée par Ségolène Royal.


Malgré l’ostracisme dont l’ancienne candidate de 2007 était l’objet, malgré l’attelage improbable qui la soutenait – à droite toute, comme avec Emmanuel Vals ou les barons locaux de Marseille et de Lyon, qu’on a le plus grand mal à caractériser comme porteurs du « renouveau » –, malgré l’incroyable rassemblement de télévangélistes au Zénith, Royal arrive en tête. Certes, elle a considérablement gauchi son discours, ces dernières semaines, mais tout en maintenant l’option stratégique de l’alliance avec le Modem. Qu’elle soit donc arrivée en tête donne la mesure de la poursuite du glissement du PS à droite.


Quelle que soit l’issue immédiate des négociations de coulisse en cours, tout ceci montre surtout à quel point la crise s’approfondit, dans un parti incapable de s’opposer à Sarkozy, poursuivant son glissement vers le centre, et où la guerre des présidentiables va se poursuivre plus que jamais.


En s’approchant des 20%, Benoît Hamon confirme la dynamique de sa campagne interne, sur une ligne antilibérale nettement affirmée, signe que l’impact de la crise du capitalisme est fort dans le pays comme au PS. La question est « Pour aller où » ? En effet, comme l’habitude s’en est installée, cette gauche du parti envisage toutes sortes de combinaisons avec les autres motions, dont la logique s’en éloigne pourtant à l’évidence. Hamon lui-même a adopté, il y a quelques mois, la nouvelle déclaration de principes du PS, signant le ralliement définitif à l’économie de marché.


Samy Johsua

Tag(s) : #P.S ;P.R.G.;Verts;Modem

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