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              L’émission « Capital » de M6 consacrée à la SAM de Decazeville
                          est une leçon de choses pour l’anticapitalisme !

   L’émission a présenté la SAM comme une entreprise moyenne avec un courageux petit patron Patrick Bellity à sa tête. Ce qui n’était pas dit : l’activité et les profits de la SAM réalisés les années précédentes ont permis de constituer tout un groupe industriel, le groupe Arche qui est devenu l’un des grands de l’Europe en aluminium. « Les salariés de SAM Technologies doivent aujourd'hui se sentir fiers d'être le pôle numéro 1 d'un groupe qu'ils ont contribué à redresser » déclarait Patrick Bellety en juillet 2007 lors du rachat d’entreprises du Jura. En langage plus direct, ce sont les profits gagnés par le travail des salariés de la SAM qui ont permis ces acquisitions. Mais c’est une vérité que Capital s’est bien gardée de présenter. 

 L’industrie automobile est en crise et restructuration depuis plusieurs années. Cela s’accompagne d’une montée de la sous traitance. Moins de la moitié de la valeur d’une voiture est aujourd’hui produite chez les constructeurs automobiles, Renault et PSA en France. Le succès ces dernières années d’usines comme la SAM résulte de la volonté délibérée des plus grands groupes de disperser les approvisionnements pour mieux peser sur les salaires et l’emploi de tous. Plus la concurrence se généralise, plus ceux et celles qui sont en bas trinquent. La direction de la SAM a tout à fait consciemment joué de cette situation. Il y a trente ans lors de la fermeture des houillères de la région du Nord de la France, ce sont directement Renault et PSA qui ont construit des usines. Aujourd’hui en Aveyron la place a été laissée à des groupes comme la SAM qui sont plus fragiles face à la crise.

L’émission Capital a voulu nous faire pleurer sur les difficultés entre méchants banquiers et courageux industriels. Les caméras étaient partout mais lorsque les banquiers sont arrivés, les portes se sont refermées devant les caméras. Pourtant, il aurait été intéressant d’apprendre comment ces mêmes banques ont accompagné la croissance de la SAM, à quoi les profits ont été utilisés et les termes de leurs accord. Secret bancaire oblige, on n’en a rien su ! 

   L’émission nous a montré le patron de la SAM, Patrick Bellety présent au Sarko circus consacré à l’automobile. Avec quel talent, il a pu discuter avec des ministres et avec le président de Renault !. Mais le capitalisme a ses raisons que la politesse des salons officiels ne connaît pas. Après avoir reçu des milliards contre un engagement à ne pas délocaliser, ce même Carlos Ghosn vient de décider que la production de 700 carters jours à Decazeville serait délocalisée en Turquie. Leurs promesses sont autant de chiffons de papier auxquels on ne peut prêter la moindre confiance ! 

   L’émission nous a montré les ouvriers et salariés de la SAM participant à la manifestation du 29 janvier de Rodez. Oui, la manif de Rodez a été la plus importante depuis une quinzaine d’années dans l’Aveyron. Mais il est clair que pour gagner contre la politique de Sarko, il faudrait y aller encore plus fort et tous ensemble ! Le paiement à 100% des jours de chômage partiel est une exigence élémentaire. Les milliards versés à l’industrie automobile existent. Ils doivent servir aux salariés de toute la branche, chez les constructeurs, les équipementiers et les sous traitants. L’interdiction des licenciements doit s’appliquer à toute la branche quelle que soit la taille des usines et des entreprises. 

      Cerise écœurante sur la gâteau, c’est la présidente du MEDEF qui a été appelée à témoigner de sa compassion juste après la séquence consacrée à la SAM. Le premier remède qu’elle a proposé est celui de faciliter les licenciements économiques ! Cette leçon de choses ne peut que renforcer notre volonté de construire un outil anticapitaliste au service de ceux et celles qui supportent la crise.

J.C. Vesselier

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