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F. Chérèque déclare : «des militants NPA font le tour des entreprises en difficulté, ça fait un peu rapace, ils attendent la misère pour agir (...) nous, on agit au quotidien».

Le Figaro titre «Olivier Besancenot et l’extrême gauche veulent politiser le 19 mars ». 

Pourquoi tant de haine ? 

Si la politisation est importante c’est que la crise dévoile la brutalité du système. Les capitalistes frappent encore plus durement  les salariés pour tenter de trouver une issue à la crise qu’ils ont provoquée. La légitimité du capitalisme qui engraisse les actionnaires, appauvrit et précarise les plus pauvres est profondément contestée. La politisation est aussi due à Sarkozy qui incarne parfaitement la morgue de la classe dirigeante, sans fusible entre lui et la colère que sa politique provoque. Massivement rejeté, il concentre sur sa personne l’envie d’en découdre. Il est alors impératif pour ceux qui gouvernent et veulent à tout prix éviter une crise politique ouverte, d’allumer des contre feux, de faire diversion, c’est la principale fonction de ce feu croisé contre le NPA.

Mais puisque ces messieurs se retrouvent pour nous contester le droit d’intervenir sur le champ social, répondons sur le fond.

Nous refusons la division entre le social qui serait le domaine du syndicalisme, malheureusement trop souvent réduit à l’accompagnement et à la négociation entre « partenaires » sociaux, et la politique, comprendre les élections, qui seraient le terrain  privilégié, voire le seul terrain d’action des partis. Ce n’est notre conception ni des luttes sociales, ni du combat politique. Le rôle de notre parti n’est pas de gérer les institutions faites par et pour ce système. Quand nous nous présentons aux élections, quand nous avons des élus c’est pour porter le même programme anticapitaliste, le même projet de société que nous défendons dans les luttes. C'est pour cela que nous ne pouvons qu’être indépendants du Parti socialiste. Nous construisons le NPA comme un outil pour résister et lutter dans les entreprises, les quartiers populaires, la jeunesse, parce que, comme nous l’avons écrit dans nos principes fondateurs : « Pour changer le cours de l’histoire, il faut que la majorité de la population, (…) prenne conscience de sa force, en s’organisant sur le lieu de travail ou le quartier, dans un syndicat ou une association, comme au niveau politique … »

La démocratie syndicale veut que les décisions du syndicat soient prises par les syndicalistes eux-mêmes. Les militantes et militants du NPA, qui sont présents au quotidien dans les entreprises, n’en déplaise à M. Chérèque, respectent ce principe tout en défendant leur point de vue pour la convergence des luttes, pour une plate-forme revendicative  offensive, pour la construction de la grève générale.

Il n’y a pas de champs réservés. Aujourd’hui, pour construire le rapport de force, il est indispensable que toutes les forces tirent dans le même sens. De multiples collectifs de mobilisation, rassemblant des partis, des organisations syndicales et des associations, se sont créés et se créent dans des villes et régions pour unir les colères, faire force et nombre,  contre les licenciements, contre la vie chère ou en défense des services publics. Le NPA a fait des propositions à tous les partis de gauche pour agir ensemble, proposer des perspectives, soutenir et populariser les luttes des salariés. Malheureusement cette proposition n’a pas été reprise. Alors,  si  le PCF appelle au respect des choix syndicaux, si Marie-George Buffet dit, « nous ne cherchons pas à remplacer les syndicats", ce n’est pas par respect de l’indépendance, mais  fondamentalement parce qu’elle est d’accord avec la stratégie et que pour elle  l'écart entre les deux manifestations (du 29 janvier et du 19 mars) « n'est pas un problème ».  La direction du PCF ne veut pas d’une issue politique ouverte par la mobilisation, sa perspective reste électorale, sont horizon est, comme elle le dit elle-même : « le rassemblement des forces politiques de gauche dans le front de gauche pour les européennes de juin ».  

Alors oui, mille fois oui, nous assumons, le NPA est et sera présent dans et devant les entreprises, le NPA met et mettra toutes ses forces pour construire la grève générale. Les patrons font tous les jours de la politique, mènent la lutte de classe et imposent leur conception de la société, partout et d’abord dans les entreprises, à coup de licenciements, de chômage technique, de dégradation des conditions de travail, de blocage des salaires… Les journées de grève et de manifestation des 29 janvier et 19 mars montrent notre force. Le problème ce n’est pas que le NPA politise, mais qu’un dirigeant syndical comme M. Chérèque, interrogé sur sa crainte d'un "embrasement social", réponde : "Je ne le crains pas pour l'instant et je le souhaite évidemment pas. (...) Aucune grande confédération ne veut aller dans ce sens et l'intersyndicale est assez solide pour canaliser les tensions".

Nous sommes nombreux et nombreuse à vouloir lui donner tord, et pas seulement au NPA !

 

 

Tag(s) : #Archives NPA

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