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Un vaste mouvement traverse désormais l'hôpital public pour empêcher de transformer l'hôpital en entreprise, comme le veut la loi « Hôpital, patients, santé et territoires » de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. 

 

 

Le 28 avril, les « grands noms » du monde médical hospitalier, les infirmières, les aides-soignants et les agents des services techniques et administratifs ont fait bloc contre la loi Bachelot. Ensemble, ils dénoncent les attaques contre le service public hospitalier et ils ont rendu historique la journée du 28 avril.


A Paris, 20000 manifestants ont dit non à la loi « Hôpital, patients, santé et territoires » avec, dans certains hôpitaux, 80% des grévistes et des centaines de réquisitions. La plupart des hôpitaux de l'Assistance publique de Paris étaient là, avec de nombreux autres établissements de toute la région. On a même vu une banderole de l'hôpital de Poitiers et une délégation d'une quinzaine de salariés de celui de Carhaix (Finistère), dont la tête de liste du NPA aux européennes pour la région Ouest, Laurence de Bouard, qui a pris la parole afin de relater la lutte qui continue pour garder la maternité. Présents également, des établissements psychiatriques contre le rapport Couty et le tout-sécuritaire en psychiatrie. De même que les « trois collectifs » (Convergence de défense des services publics, Coordination de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Collectif contre les franchises) qui se battent depuis plusieurs mois pour une mobilisation unitaire.


Au-delà de la « gouvernance » hospitalière, symbolisée par le projet de directeur-chef d'entreprise, les manifestants ont dénoncé la désertification des services publics de santé, la fermeture des « petites structures », maternités et chirurgie notamment, pour faire place nette au secteur privé lucratif, que les directeurs de la nouvelle agence régionale de santé (ARS) seront chargés de mettre en musique.

Le principal mot d'ordre des opposants au projet - « L'hôpital n'est pas une entreprise » - indique bien qu'il faut le refuser dans son ensemble. Cette loi amène à hiérarchiser les maladies, c'est-à-dire celles qui sont rentables et celles qui ne le sont pas ! Le seul choix sera : soit la baisse les coûts, notamment salariaux, pour faire face aux besoins; soit l'arrêt de certains soins, comme on l'a vu récemment avec la fermeture du service de maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Joseph (participant au service public), laissant à 200 malades du Sida le soin… d'aller voir ailleurs.


Roselyne Bachelot espère briser ce mouvement, devenu très politique avec l'appel des 25 professeurs de médecine. Même amendée, cette loi, discutée à partir du 11 mai au Sénat, ne va qu'accentuer les inégalités, engendrer la médecine à deux vitesses, celle pour les riches et celle pour ceux qui ne peuvent pas payer. Elle va supprimer des emplois dans un secteur qui souffre déjà de sous-effectif et aggraver les conditions de travail.


Une prochaine journée nationale de mobilisation est prévue le jeudi 14 mai. L'appel concerne les salariés, les médecins, les associations pour la défense des malades, les associations pour la défense des services publics, mais les usagers sont aussi concernés pour grossir ce mouvement et dire un non définitif à la loi Bachelot-Sarkozy. 

 

 

Tag(s) : #Défense des services publics

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