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L’affichage par certains pays comme la France d’une croissance économique positive permet au gouvernement de parler de reprise. Il n’en est rien.

Le chômage est toujours à la hausse et le pouvoir d’achat à la baisse.

Tout d’abord  les chiffres faiblement positifs n’ont pas grande signification. Ils sont en grande partie dus à la résorption de stocks considérables accumulés par les entreprises au cours des mois précédents en raison du fort ralentissement de leur activité.

De plus, les mécanismes mêmes qui se mettent en place en réaction à la crise ne font que préparer son aggravation future. Ainsi, l’augmentation importante de l’épargne de ménages aux Etats-Unis va plomber la demande intérieure, alors même que leur consommation, jusqu’alors fondée sur le surendettement, compte pour 70% dans la croissance.

Par ailleurs, une grande partie du petit sursaut conjoncturel est le résultat direct des dépenses des Etats dans le cadre des plans de relance. Fondés sur l’emprunt public sans augmentation des impôts, ils risquent d’avoir deux conséquences à court terme : la constitution d’une nouvelle bulle spéculative autour des titres de la dette publique – pour le plus grand bénéfice des rentiers – et la mise en place par les gouvernements de mesures d’austérité destinés à faire payer à la majorité de la population les déficits publics qui se sont creusés. L’industrie automobile, épicentre de la crise dans l’industrie, ne tient le coup pour le moment que grâce à la prime à la casse, sans que sa crise structurelle soit résolue.

En Europe, les principales économies, en premier lieu l’Allemagne, comptent avant tout sur la course à l’exportation pour assurer la reprise ce qui implique de nouvelles pressions à la baisse sur les salaires et une recherche de nouveaux débouchés dans les pays dits « émergents » qui ressemble à une fuite en avant. En effet, si l’économie chinoise connaît une certaine reprise, celle-ci est surtout due à son gigantesque plan de relance et il est peu probable qu’au stade actuel elle puisse jouer le rôle de débouché de substitution et de locomotive de la croissance mondiale.

Dans ces conditions il n’est pas étonnant que les derniers chiffres annoncés pour la France par l’Insee soient venus doucher les enthousiasmes : les patrons ont revu à la baisse leurs prévisions d'investissements pour l'année en cours. Après avoir stagné en 2008, l’investissement manufacturier devrait enregistrer une chute record de 23 %, avec à la clef une perte nette de près de 55 000 emplois, surtout dans les secteurs des biens intermédiaires et d'équipement.

La principale manifestation de la crise aux yeux de millions de personnes, à savoir le chômage et le sous-emploi, ne va évidemment certainement pas reculer. Même en tenant compte de la reprise qu’il anticipe, le FMI prévoit une poursuite de la montée du chômage dans le monde au moins jusqu’en 2010 et 2011. De plus, il ne s’agit que de statistiques officielles qui laissent largement dans l’ombre une grande partie du sous-emploi réel. Avec l’emploi, la sécurité sociale, les retraites et le temps de travail, le salaire fait partie des attaques que les classes dominantes poursuivent pour tenter d’assurer leur sortie de la crise.

Bref, il n’y a guère que la Bourse qui connaisse une vraie reprise…

 

Stéphanie Treillet

Tag(s) : #Archives NPA

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