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Pour cette rentrée, les jeunes figurent parmi les premières victimes de la crise. Le chômage des 18-25 ans pointe aujourd’hui à 23,5% (INSEE juin), soit deux fois plus que le reste de la population – dans une région ouvrière telle que la Lorraine, il a doublé depuis un an.


Une grande partie des salariés licenciés ces derniers mois était âgée de moins de 30 ans. Pour cette rentrée, de nombreux jeunes diplômés vont venir rallonger les files d’attentes du Pôle emploi. Aujourd’hui, la seule réponse du gouvernement, pour sortir de la crise, est d'utiliser la jeunesse comme variable d’ajustement.

Cela passe par la nouvelle mission « d’insertion professionnelle », allouée aux universités, depuis la loi sur la liberté et responsabilités des universités (LRU) qui augmente le nombre de diplômes professionnels conclus avec les entreprises, type « Licence Chef de Rayon Carrefour » à Paris X, qui ne donnent aucun droit sur le marché du travail et ne permettent pas de reconversion en cas de licenciement.

 

Cela passe également par les propositions du « livre vert » de Martin Hirsch, notamment le doublement des contrats d’apprentissage d’ici 2015. Concrètement, cela signifie que l’état va financer des petits boulots de merde, sous-payés et que les entreprises signant le contrat seront exonérées de cotisations sociales.


Par ailleurs, l’UMP réclame la création de statistiques de placement à la sortie de chaque formation proposée. Autrement dit, si les jeunes diplômés ne trouvent pas d’emploi, ce serait la faute de l’université. Or, les taux d’insertion sur le marché du travail dépendent avant tout du bassin d’emplois local et non de la formation : à diplôme égal, un étudiant de la fac de Dunkerque trouvera plus difficilement un emploi qu’un diplômé de la fac de Versailles-Saint-Quentin.


En avril dernier, Nicolas Sarkozy a annoncé le doublement du nombre de « contrats initiative emploi » (CIE), destinés aux jeunes de moins de 26 ans dans les entreprises. Dans ce type de contrats, l’état prend en charge la moitié du salaire (au SMIC). Ce qui représente de nouvelles exonérations pour les patrons, sachant par ailleurs que ce type de contrats crée, au mieux, un « effet d’aubaine » : le jeune est embauché à moitié prix jusqu’à 26 ans et se retrouve au chômage quand son contrat aidé prend fin. C’est cette logique d’emplois précaires réservés aux jeunes que nous dénoncions déjà pendant le mouvement contre le CPE.


Il faut dénoncer ces contrats aidés – qui n’aident en réalité que les patrons – et qui ne permettent pas aux jeunes de s’insérer durablement sur le marché du travail. Aujourd’hui, la meilleure garantie contre le chômage reste nos diplômes. Pour cela, nous exigeons leur reconnaissance par les patrons, ainsi que le passage des conventions collectives au format LMD, pour mettre fin à la dévalorisation systématique de nos diplômes. Enfin, nous exigeons le CDI comme contrat de référence et la mise en place d’une allocation d’autonomie pour tous les jeunes en formation ou en recherche d’emploi, de 16 à 25 ans, d’un montant égal au SMIC et ce, quelle que soit leur origine sociale.


Morand Perrin et Justine Revol

Tag(s) : #Archives NPA

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