Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Depuis une semaine, les ministres jurent la main sur le coeur que jamais le changement
de statut de La Poste ne débouchera sur la privatisation. Mensonge et hypocrisie ! On se
rappelle comment Sarkozy avait fait exactement la même annonce en 2004 à propos de
Gaz de France. Tout comme Jospin en 1997 s’agissant de France Télécom, cet ancien service
public où la logique de la rentabilité à tout prix pousse maintenant les salariés au
suicide.

La transformation de La Poste en société anonyme serait, nous disent-ils, indispensable
pour résister à la concurrence qui résultera de la directive européenne déréglementant
les services postaux. Mais l’Etat a toujours envers La Poste une dette de 1 milliard d’euros,
et il a trouvé des dizaines de milliards pour financer les banques ! « C’est l’Europe qui l’a
voulu, nous n’y pouvons rien » clament également les Lagarde et autre Darcos. Mais ce
texte européen a été co-élaboré et soutenu par le gouvernement français !

Dans tous les secteurs, l’abandon du statut d’entreprise publique a été le prélude à l’entrée
des capitaux privés et à la soumission aux impératifs du profit. Avec pour conséquences la
dégradation et le renchérissement des services, l’aggravation des conditions de travail des
personnels. Il est vrai qu’à La Poste, cette logique est engagée depuis des années. Depuis
2002 on est passé de 17 000 à 10 000 bureaux de poste, 50 000 emplois ont été supprimés,
alors que 43 % des salariés et la totalité des filiales sont déjà sous statut privé. Le
gouvernement espérait que cet état de fait produirait assez de résignation pour empêcher
une mobilisation, mais il n’en est rien.

C’est l’heure de la riposte
D’ailleurs, Sarkozy est si conscient de l’impopularité de son projet qu’il a empêché la réalisation
d’un référendum d’initiative populaire, en ne prenant pas les décrets d’application
de l’article de la réforme constitutionnelle qui devait ouvrir cette possibilité. C’est pourquoi
plus de 50 organisations, réunies dans le Comité national contre la privatisation de La
Poste, organisent dans toute la France la consultation nationale du 3 octobre et des jours
précédents.

Cette consultation exprimera un refus massif de la privatisation, mais cela ne suffira sans
doute pas. Sur la base de ce premier succès, d’autres initiatives, élevant le niveau de la
confrontation, devront être prises pour obtenir le retrait du projet gouvernemental. C’est
possible, comme le montrent diverses expériences dans le passé : la mobilisation victorieuse
contre le CPE en 2006, bien sûr, mais aussi l’immense manifestation nationale qui,
en 1994, avait imposé l’abandon de la réforme de la loi Falloux attaquant de front l’école
laïque.

Nul doute que si les principales organisations impliquées dans la mobilisation étaient prêtes
à l’épreuve de force avec le gouvernement, celui-ci aurait du souci à se faire. Non seulement
la privatisation de la Poste pourrait être stoppée, mais une victoire sur ce terrain
aiderait au développement et à la convergence des luttes face aux attaques multiformes
que subissent les salariés. Le NPA, en tout cas, ne ménagera aucun effort pour aller dans
ce sens.
Tag(s) : #Défense des services publics

Partager cet article

Repost 0