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''A la limite du supportable''

 

Avant toutes choses, je préviens que ce texte n'est ni ironique ni humoristique. Il est au contraire très cru et très violent, les lecteurs et lectrices seront prévenus.

 

Ceci concerne l'affaire du gros dégueulasse du FMI. Car oui, mon opinion est faite, la présomption d'innocence je m'assois dessus. Il a tellement de casseroles au cul, il était tellement sûr de son impunité qu'il ne peut être que coupable. Tel est mon avis ( le jour où je suis président d'un tribunal révolutionnaire, ça va dépoter grave, je vous le garantis).

 

Ce qui me désole, dans les conversations que j'entends, ce sont les pauvres taches qui tentent de minimiser ce qu'est un viol ou une agression sexuelle. On essaie fréquemment – je travaille avec des adolescents je sais de quoi je parle – de faire glisser ce crime vers une polissonnerie somme toute bonne enfant, quand on ne tente pas de faire passer la victime pour la responsable de ce qui lui arrive. Que connaissent-ils du viol ces pauvres nazes ? J'ai peur d'avoir la réponse sous la forme de ces films porno montrant une femme d'abord rétive aux avances d'un homme mais qui finit par prendre beaucoup de plaisir après une empoignade ferme et ''virile''. Non ce n'est pas ça un viol.

 

Quand une pauvre merde relativise un viol, il me revient désormais toujours à l'esprit cette conversation, à la limite du supportable, que j'ai eu il y a quelques années avec un pote, pompier de son état, à qui il était arrivé d'aller ramasser des nanas victimes d'agressions sexuelles.

 

Donc un viol, ce n'est pas une main aux fesses avec une victime qui fait non de la tête tout en souriant. Un viol, c'est d'abord une longue série de coups de poings et de pieds, dans la figure et dans le ventre, pour étourdir sinon assommer la victime qui essaie de se défendre. Ceci s'accompagne de menaces verbales, menaces de mort ou menaces sur les proches, du style :''si tu ne te tiens pas tranquille, je m'en prendrais à ta petite sœur/ ta fille...'' Car en effet, 74 % des viols sont commis par une personne connue de la victime, 25 % par un membre de la famille. Si personne n'a pu intervenir, si la victime n'a pu s'enfuir, l'agression se poursuit par une pénétration brutale du vagin ou de l'anus, qui entraine des déchirements des tissus organiques.

 

Quand les secours arrivent, ils trouvent une femme avec une partie du cuir chevelu arrachée, le nez et des dents cassés, des côtes fêlées, des hématomes sur toutes les parties du corps et des filets de sang s'écoulant de l'entrejambe. Par la suite, la victime gardera longtemps des traumatismes psychologiques : dépressions, troubles du sommeil et cauchemars, sentiment de honte et de culpabilité, repli sur soi, parfois tentative de suicide et une vie sexuelle compromise pendant longtemps.

 

[ Ceux qui ne sont toujours pas convaincu, peuvent aller voir le film ''Irréversible'' qui montre une telle scène pendant un quart d'heure. Je ne condamne pas ce film au passage, qui est un vrai défi d'acteur, même si je serai bien incapable de le voir]

 

Pendant ce temps, Martine Aubry est sous le choc, ne peut croire que son ami DSK ait fait une chose pareil, et ses pensées vont à Anne Sinclair et à sa famille dans ces moments difficiles. La presse et la classe politique française sont révoltées par les images '' à la limite du supportable'' du patron du FMI menotté.

 

A ma connaissance, seuls Myriam Martin, porte-parole du NPA et Jean-Luc Mélenchon ont eu un message de soutien pour la victime de l'agression, cette mère de famille célibataire sans histoire jusqu'ici. Que les autres aillent donc crever.

 

Rappelons quelques chiffres : 96% des auteurs de viol sont de sexe masculin et 91 % des victimes sont de sexe féminin; seul un viol sur 11 fait l'objet d'une plainte mais les victimes parlent de plus en plus.; 57 % des viols sont commis sur des personnes mineurs; 67 % des viols ont lieu au domicile (de la victime ou de l'agresseur). Ces chiffres sont issus des statistiques du ministère de la justice et du Collectif Féministe Contre le Viol CFCV.

 

Terminons cet article politiquement, puisque nous sommes sur un blog politique. La lutte contre cette barbarie passera par une législation implacable mais pas que. Il convient de développer des structures d'accueil et de soutient psychologique pour les victimes de viol et d'agressions sexuelles. Il est plus facile pour une victime de porter plainte contre son agresseur si elle sait qu'elle sera – fortement – soutenue. Enfin pour faire écho à d'autres billets de ce blog, il convient de lier une pédagogie dynamique auprès des jeunes en renforçant notamment l'éducation à la sexualité dans les collèges et lycées avec une condamnation morale ca-té-go-ri-que. Que l'on soit patron du FMI, star du foot ou anonyme, violer est un crime. Il n'y a aucune excuse. Ce n'est pas la faute de l'alcool, ce n'est pas la faute des tenues sexy, ce n'est pas la faute des victimes. Quand une femme dit non, cela veut dire non.

Bordel de merde, telle sera ma conclusion !

 

GH

 

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