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A propos de l'Estivada

 

L'Etivada aura lieu à partir du 27 juillet jusqu'au 31 juillet. C'est un moment fort sympathique pendant l'été à Rodez. Pour ceux qui n'auraient pas encore le programme, il est là.

L'Estivada est présenté par ses organisateurs comme le '' festival interrégional des cultures occitanes'', et cet intitulé va nous permettre de rebondir sur un précédent article de ce blog où il était déjà question de culture.

 

Les fantasmes de la ligue du midi, car c'était ce billet, tentait d'expliquer qu'une culture n'apparait jamais ex nihilo ni ne disparaît, elle se transforme. Ceci visait la culture française qui serait complétement artificielle et juste bonne à mettre dans un bocal de formol s'il fallait écouter les élucubrations des fachos en béret avé l'accent.langue-stones.jpg

 

Or, un lecteur attentif, parmi les milliers que comptent ce blog génial, nous faisait remarquer que certaines cultures, d'après lui, se détruisaient effectivement. Il parlait de la culture occitane. En effet, si l'on compare aujourd'hui avec ce que nous racontent nos grand-parents du temps de leur jeunesse ou de la jeunesse de leurs propres grand-parents, la culture occitane s'est prise une grosse claque.

 

Les jeunes générations, dans leur très grande majorité, ne parlent plus l'occitan. La culture occitane a-t-elle été détruite ou a-t-elle tellement muté qu'elle est désormais une culture sous-jacente de la culture française ? Est-ce bien ou mal ? Vouloir inverser la pente prise par cette langue, à savoir le déclin, ne risque-t-il pas de créer une langue artificielle, coupée des réalités sociales ? Autant de questions auxquelles je ne m'aventure pas à répondre.

 

Une chose me saute aux yeux pourtant, si je me promène dans les rues de n'importe quelle ville du midi, je constate que l'occitan n'est pas la culture du peuple. Que les défenseurs (de gauche) de la langue occitane s'épargnent ce fantasme, cela leur rendra service.

 

Là où l'on peut se rejoindre pourtant, c'est que je considère qu'il est toujours plus enrichissant de posséder deux langues (ou plus ) qu'une seule, y compris une langue régionale. La connaissance d'autres langues n'apporte pas que des éléments linguistiques, mais fait découvrir une autre façon d'appréhender le monde, facilite la méthodologie d'apprentissage, facilite les rencontres, les voyages et les échanges et parfois même rend moins con...

 

Ainsi, les militants régionalistes progressistes et le NPA peuvent se retrouver dans de nombreux combats. Le NPA est un des partis politiques de l'État français le plus clair sur ces questions. Lui ou son ancêtre la LCR ont souvent bossé avec les militants bretons, basques et Kanaks. Oui, le NPA est pour la double signalisation en français et en langue locale. Oui le NPA réclame une augmentation conséquente ou parfois une réouverture des postes aux concours du CAPES dans les langues régionales.

 

Saluons au passage le boulot des écoles calandreta, diwan et iskastolak. Elles offrent un enseignement en immersion linguistique, respectivement en occitan, breton et basque. Certes ce sont des écoles privées, mais elles sont gratuites et aconfessionnelles ( c'est dans leur charte). Elles exercent de fait une mission de service publique et auraient toute leur place dans l'Éducation Nationale.

 

Voilà au passage une différence entre nous et Jean-Luc Mélenchon. Pépère est assez lourd quand on lui parle de bilinguisme et d'identité régionale. Alors ministre de l'enseignement professionnel en 2001, il dénonçait l'enseignement par immersion comme une pratique sectaire. Il n'a non plus hésité à faire des amalgames entre culture bretonne et racialisme. Moi je dis ça, je dis rien...

 

La défense des cultures régionales dépasse de très loin les fantasmes de quelques paumés perdus de l'extrême-droite. NPA et régionalistes de gauche ont de nombreux combats communs à mener., mais en termes d'identité, le combat prioritaire d'un parti anticapitaliste est de redonner une conscience de classe aux populations de l'État français, quelque soit la langue qu'elles parlent.

 

GH

 

PS : pour ceux qui voudrait rencontrer GH, je serai chaque soir de l'Estivada, aux alentours de trois heures du matin, derrière la grande scène, en train de vomir mes tripoux tout en chantant l'Internationale.

Tag(s) : #GA Aveyron

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