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Besancenot président ?

 

Allez ! Rêvons un peu ! Olivier Besancenot sous les ors de l’Elysée, son vélo de facteur garé au milieu des berlines de luxe dans la cour d’honneur, un conseil des ministres composé de gauchistes et d’écolos barbus, Joey Star à la Culture, Krivine à l’Intérieur et Daniel Bensaïd aux Affaires étrangères ? Tout ce petit monde reconverti en gestionnaire de l’appareil d’Etat !

 

Souvent, il nous est reproché de ne pas vouloir du pouvoir : « Comment allez vous changer les choses si vous n’êtes pas élus ? Si vous n’êtes pas ministres ? Ou maire, ou conseiller régional » ?

A l’inverse, nombreux sont ceux qui, toute honte bue, justifient l’abandon de leurs idéaux par la nécessité de « mettre les mains dans le cambouis », pour faire vraiment avancer les choses en rejoignant une liste du PS ou du PCR, ou aujourd’hui d’Europe Ecologie.

 

C’est ainsi qu’à plusieurs occasions, le PS s’est trouvé en situation de pouvoir, qu’il est aujourd’hui en compagnie du PCR maître de nombreuses collectivités. Mais les choses n’avancent pas vraiment vite ! Alors nos élus expliquent que finalement, c’est plus difficile que prévu, que la crise frappe à notre porte, que l’économie va mal, qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses, que la mondialisation ? que l’Europe ? et patati et patata. En gros, « on n’a pas vraiment le pouvoir ». C’était bien la peine !

 

Nos mécanos aux mains pleines de cambouis réalisent soudain que ce n’est pas eux qui conduisent la voiture : on leur demande juste de serrer les boulons, de bien la faire fonctionner, en fait de bien gérer la machine capitaliste. Pendant ce temps, les salariés, la grande majorité de la population, marchent à pied !

 

Il serait temps qu’ils comprennent que l’action politique, c’est avant tout l’activité sociale, le rapport de forces qui s’établit entre les possédants et les travailleurs. Ce rapport de forces est multiforme s’exprime de mille manières : grève dans une entreprise pour de meilleurs salaires, manifs de défense des services publics, luttes contre les licenciements, mobilisations citoyennes contre une centrale thermique, actions des jeunes lycéens ou étudiants ? Cette activité plus ou moins intense détermine la position du curseur des possibles. Les marges de manœuvres de nos élus en dépendent étroitement.

 

Toutes les avancées sociales ou démocratiques ont été obtenues par l’action populaire de masse comme en juin 36, après la Libération ou en 68. La mise en forme plus ou moins réussie de ces avancées entraîne souvent des changements politiques, le Front Populaire ou l’élection de Mitterrand en 81. Mais l’inverse, jamais. Une élection ne modifie pas un rapport de force social. Faute de l’avoir compris, ou même souhaité, nos mécanos politiciens, dits de gauche, se sont détachés de ceux qui les ont élus, et ont été progressivement absorbés par un appareil d’Etat qui n’est qu’un instrument aux mains des possédants. Les plus naïfs croient encore disposer d’une capacité d’action autonome dans leur mairie, leur collectivité, ils sont vite réduits à l’impuissance. Les cyniques, bien plus nombreux, lient leur sort personnel, leur rémunération, leurs avantages, au maintien du statu quo et vont de compromis en compromissions. Parfois, ils utilisent les mobilisations sociales pour conforter leur position, mais ils cherchent en permanence à en limiter les effets, à les juguler pour éviter à tout prix que l’affrontement de classe survienne : pour eux le risque est grand que cet affrontement les prive de leurs postes.

 

En ce qui nous concerne, nous voulons transformer la société, faire cesser l’exploitation, briser l’appareil d’Etat, et ouvrir la porte à une véritable démocratie, au sens propre du terme : le pouvoir du peuple. L’UMP ou le PS nous ont sciemment interdit l’accès aux fonctions électives en maquillant la démocratie, en en faisant une vieille maquerelle fardée et menteuse. Nous ne sommes ni naïfs ni cyniques : nous savons qu’il n’est pas suffisant d’être présents dans les mobilisations sociales, pas suffisants même de les impulser, qu’il faut aussi savoir en découdre sur le terrain électoral. Mais nous ne faisons pas de ce terrain un but en soi, nous ne croyons pas que le changement viendra par les urnes et qu’il suffirait que nous soyons élus pour que tout change !

 

Si nous sommes présents aux échéances électorales, c’est d’abord pour redonner courage à tous ceux qui luttent dans leur entreprise, dans leur quartier ; et si nous avons des élus, ce sera tant mieux parce que pour une fois, les travailleurs auront une voix dans les hémicycles et une voix qui dérangera !

 



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