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Chroniques palestiniennes 2 : douanes et Hébron


Me voici en situation. Le groupe ruthénois est arrivé de façon dispersée en Palestine entre vendredi et dimanche. Sur le vol de samedi matin nous étions trois : Adeeb, le guide palestinien du groupe, Romain et moi-même. Un deuxième groupe de cinq personnes nous attendaient depuis une heure à l'Aéroport Ben Gourion de Tel Aviv.

 

On nous avait prévenu, l'accueil aux douanes pouvait être tatillon. Si quelqu'un était repéré comme pro-palestinien, il était aussitôt renvoyé en France. Pour Romain et moi, nos déguisements de jeunes séminaristes vierges n'ont pas fait long feu. C'est dès la passerelle de l'avion que nous fûmes interpellés par trois jeunes femmes de la sécurité (trois clones de Zivha de NCIS pour ceux qui connaissent). Ont suivi quatre interrogatoires avec différent agents durant en tout peut-être trois quart d'heure. Que faisions-nous en Israël ? Quel lien avions-nous tous les deux ? Allions-nous rencontrer des palestiniens (oh ben non alors, madame) Quand avions-nous pris nos congés ? Ils ont tiqué sur mon nom de famille à la consonance pas assez française à leur goût. Il a fallu à quatre reprises que je justifie l'origine de mon nom germanique. Mais bon j'ai été sage et j'ai fini par obtenir mon visa.

 

Après une journée à Bethléem, nous nous sommes rendu à Hébron, 200 000 habitants, la grosse ville du sud de la Cisjordanie. Hébron a cette malheureuse particularité d'avoir une colonie israélienne implantée dans le cœur de la veille ville arabe. 400 colons juifs, intégristes principalement originaire des Etats-Unis et… de France, protégés par 1500 militaires.palestine-occup-.jpg

 

Nous avons rendez-vous avec l'Association d'échanges culturels Hébron-France (www.hebron-France.org) qui travaille en lien avec le CCFD Terre Solidaire. Une jeune étudiante nous accompagnera la journée pour nous faire découvrir la ville et les conséquences de la colonisation.

 

400 allumés qui ont décrété qu'ils étaient chez eux au cœur d'une ville arabe ce sont des habitants palestiniens expulsés de leur maison, ce sont des quartiers arabes qui sont obligés de mettre du grillage au-dessus des rues pour se protéger des jets de toute sorte provenant des niveaux supérieurs occupés par les colons (pierres, bouteilles, poubelles). C'est aussi l'assassinat en 1994 de vingt-neuf musulmans et deux cent blessé par le médecin Goldstein, juif américain, durant les prières du Ramadan. Depuis la grande mosquée d'Abraham, lieu où eu lieu l'attaque, est occupée par l'armée israélienne. Une moitié est laissée aux fidèles musulmans, l'autre, la plus grande partie, a été transformée en synagogue. Les musulmans n'ont pas le droit de pénétrée dans la partie juive, les juifs peuvent à tout moment demander à rentrer dans la partie musulmane, et se font un plaisir de ne pas retirer leurs chaussures pour souiller les tapis, amenant également leur chiens.

 

En fait, les accords d'Oslo de 1993, accordant une autonomie relative à la Cisjordanie et Gaza, ne s'appliquent pas à Hébron. Des accords spécifiques ont été signé en 1997 par des palestiniens n'habitant pas la ville (le protocole d'Hébron), scindant la ville en deux : H1 à l'ouest contrôlée par l'Autorité Palestinienne, H2 à l'est contrôlée par l'armée israélienne.

 

Voilà les premiers éléments dont nous avons été témoins. Nous retournerons à Hébron dans dix jours, Romain et moi, pour rencontrer d'autres contacts. En attendant nous partons à Naplouse en taxi-bus, le chauffeur debout sur l'accélérateur, puisque c'est ainsi que l'on conduit en Palestine.

 

Chroniques palestiniennes 1

Tag(s) : #International

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