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Contre la guerre en Afghanistan = Pour les talibans

 

Voici le genre d'équation que l'on peut facilement rencontrer lors d'une discussion politique avec des cons.* C'est fou comme chez beaucoup de gens au QI de poule, les problèmes ne peuvent dépasser le binaire : si vous êtes contre quelque chose vous êtes forcément pour son contraire. Contre la guerre en Libye = pour Kadhafi, contre la guerre en Irak = pour Al-Qaida.

 

Est-ce que l'exemple inverse marcherait ? S'il n'y a pas d'intervention en Syrie c'est que vous êtes pour la dictature ? Évidement non c'est trop simpliste ! Si les États n'interviennent pas Palestine c'est qu'ils soutiennent Israël ?...Ah oui là en fait ça fonctionne.295912_10150295920086505_529931504_7474753_995519_n.jpg

 

Et pourtant, on peut refuser à la fois un fait et son contraire, si si ! Dans le cadre des guerres c'est une question de méthode : plutôt qu'une intervention militaire, la gauche (la nôtre), les organisations pacifistes et une grande majorité des mères de soldats, préfèrent une solution politique. Cette politique a un nom : le pacifisme.

 

Le pacifisme est toujours qualifié de bêlant par les trous du cul ceux qui n'y connaissent rien, et y voient un signe de faiblesse ou de lâcheté, bande de crétins.Pourtant ça marche, et mieux qu'un conflit militaire. Démonstration :

 

Prenons deux pays : le Portugal et l'Irak. Le premier s'est libéré d'une dictature seul, le second a vu une coalition militaire renverser son dictateur.

 

Le Portugal a connu 41 ans de dictature Salazariste, qui (jusqu'en 1945) s'inspire directement du régime de Mussolini en Italie. Aucune puissance étrangère n'est jamais intervenue pour restaurer la démocratie au Portugal. En 1974, l'armée (composée d'appelés) et le peuple se soulèvent. Nous sommes sans doute des utopistes au NPA, mais nous pensons qu'un peuple confronté à un régime inique, finit toujours par se révolter. Il faut qu'il y ait un enchainement d'éléments déclencheurs, dans le cadre du Portugal : enlisement des guerres coloniales, récession économique, sclérose du pouvoir... Bilan de l'insurrection : 6 morts, retour de la démocratie ( démocratie bourgeoise entend-je dire sur ma gauche,oui mais démocratie quand même).

 

L'Irak a connu 35 ans de dictature de Saddam Hussein. En 2003, une coalition menée par les États-Unis, attaque le pays et renverse le régime en cinq semaines. Les combats ne cessent pas pour autant et continuent encore aujourd'hui en 2011. Bilan de l'intervention : deux millions d'irakiens ont fui le pays, on ignore précisément le nombre de civils tués, les chiffres vont de 110 000 à 655 000; 4 792 soldats de la coalition ont été tués et 36 000 blessés; des prisons comme Abu-Ghraib ont fait parler d'elles dans le monde entier en raison de leurs ''méthodes de management'' gratinées. Le coût de la guerre est estimé à 2 267 milliards de dollars. La démocratie a-t-elle été restauré ? Rien n'est moins sûr.

 

Cette démonstration géniale et sans appel est-elle une raison pour ne rien faire ?

 

Certainement pas. On n'attend pas les bras croisés que les peuples se libèrent eux-mêmes, on agit pour que des éléments déclencheurs s'accumulent. On fait en sorte que ces États ne peuvent plus fonctionner normalement. Ainsi met-on en place des boycotts.

 

C'est ce qui c'est passé pour l'Afrique du Sud. Boycott des investissements financiers, pas de compétition sportive avec des équipes sud-africaines, aucune importation de produits sud-africain, interdiction de circuler dans les pays d'Afrique pour tous les détenteurs de passeport sud-africain... Et en parallèle soutien aux populations (noires et blanches) en lutte contre l'apartheid. Résultat le régime a fini par s'effondrer sans l'intervention de portes-avions.

 

Ce combat n'a été possible que par l'action conjointe des sociétés civiles et des États. Ainsi, nous autres simples citoyens avons beaucoup de boulot. Faire pression sur nos gouvernements pour qu'ils cessent de soutenir les dictatures et les régimes d'apartheid et exprimer notre soutien aux peuples opprimés et aux militants en lutte contre leurs oppresseurs. C'est le but de la campagne BDS pour faire cesser l'apartheid en Palestine.

 

Ça marche et ça ne tue personne.

 

GH

 

PS : ''les motivations des États-Unis en Irak n'étaient pas seulement humanitaires mais aussi stratégiques et économiques''. Non sans blagues ? Évidement mais ce n'était pas l'objet de la démonstration.

 

* les passages rayés sont le fait du collectif des gendres idéaux du NPA

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