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article publié dans " le ruthénois"

La vidéo-surveillance : une option chère et inefficace

 

L'association ruthénoise Vivre Ensemble exprimait dans les colonnes de ce journal son souhait argumenté de voir installer des caméras de vidéo-surveillance dans les quartiers Centre et Faubourg. Nous souhaitons exposer ici les raisons qui nous poussent à ne pas souscrire à ce projet.

 

L'association Vivre Ensemble remarque à juste titre que certains conseillers municipaux ne sont pas favorables à l'installation de vidéo-surveillance, mais il en est de même pour de nombreux habitants de Rodez. L'association affirme que cette technologie aurait des ''effets dissuasifs indéniables'' mais quelles sont leurs sources ? Quels sont leurs statistiques ? L'article évoquait la menace de ''trafics'', de ''regroupements agressifs'', de ''montée de la délinquance urbaine'', de quelle ville parlons-nous ? Rodez ou la banlieue de Caracas ? Là encore aucun chiffre n'appuie ces affirmations anxiogènes.

 

En consultant divers rapports d'organismes que l'on ne peut suspecter d'angélisme baba cool, on s'aperçoit que les politiques de vidéo-surveillance sont un fiasco certain. Ainsi Scotland Yard a conclu que les milliers de caméras installées à Londres coûtaient excessivement cher pour seulement 3% des délits résolus grâce à ces systèmes. La chambre régionale des comptes de Rhône-Alpes a également épinglé la municipalité de Lyon concluant que ''l'impact de la vidéo-surveillance sur la délinquance constatée par la police nationale à Lyon est de l'ordre de 1%".

 

La vidéo-surveillance est en fait une affaire bénéfique pour les sociétés privées qui les installent et assurent leur maintenance. Les membres de l'association Vivre Ensemble sont sans doute prêt à assumer une hausse des impôts locaux pour couvrir les frais supplémentaires d'une telle politique sécuritaire.

 

Au lieu d'être dissuasives, les caméras de vidéo-surveillance peuvent aussi être des incitations à la provocation. De même, de petits militants gauchistes facétieux pourraient être tentés de saisir la CNIL. Le législateur a prévu, en effet, que les caméras ne peuvent être braquées sur les entrées d'immeubles et d'habitations. Le juge administratif pourrait également être saisi pour excès de pouvoir et violation du principe de proportionnalité. Tout résident du Centre ou du Faubourg pourrait invoquer une violation de la liberté individuelle, de liberté d’aller et venir, de la vie privée et pourrait invoquer la responsabilité selon l’article 1382 du Code Civil.

 

Il ne s'agit pourtant pas pour nous d'ignorer que certains habitants des quartiers évoqués sont gênés par des incivilités. Les lourds investissements nécessaires à la mise en place et l'entretien de vidéo-surveillance pourraient être affectés vers des campagnes de prévention associant riverains, patrons de bars et clients ou même à renforcer la présence de médiateurs (policiers ou autres), ce qui serait plus efficace et plus rentable.

 

Pour conclure, la présence de caméras sur la voie publique n'est qu'un effet placebo au sentiment d'insécurité sans véritables résultats concrets mais avec une facture élevée et bien réelle. Nous proposons donc comme compromis pouvant satisfaire partisans et opposants de la vidéo-surveillance d'installer des caméras... en carton, mais ce dernier détail resterait entre nous.

 

pour la Gauche Anticapitaliste d'Aveyron

 

Guillaume HALB

Tag(s) : #GA Aveyron

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