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Nucléaire : la gauche répond à Mélenchon

Publié le 27-10-11 à 17:17    Modifié le 28-10-11 à 20:39     par Le Nouvel Observateur     4 réactions

Le candidat du Front de gauche suggère aux candidats de gauche de s’accorder pour un référendum sur la sortie du nucléaire. Leurs réactions. Par Ronan Kerneur.

 

Jean-Luc Mélenchon a proposé à François Hollande (PS), Eva Joly (EELV), Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) de soutenir la proposition d'un référendum sur la sortie du nucléaire, dans une lettre publiée le 26 octobre, sur le site de "Marianne".

Si le candidat du Front de gauche à la présidentielle s’avoue "favorable à une sortie programmée du nucléaire", il est conscient que " la question du recours à l’énergie nucléaire divise la gauche". Et plus largement, les Français. Il leur propose donc "un référendum argumenté et informé. (…) Chaque point de vue aurait le devoir de proposer un scénario énergétique complet avec son calendrier d’application et son mode de suivi et d’évaluation des résultats."

Réactions des intéressés, contactés par "Le Nouvel Observateur".

 


Nouveau Parti anticapitaliste  

"Le Front de gauche a du mal à défendre une position claire", souligne Philippe Poutou, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste à la présidentielle 2012. "On ne peut pas organiser un référendum sur des questions si complexes. Dans ce cas, pourquoi ne pas en proposer sur l'interdiction des licenciements économiques ou sur l'annulation de la dette ", s'interroge l'ouvrier de Gironde. "De plus, il n'y a aucune garantie que celui-ci soit respecté", poursuit-il en prenant l'exemple du référendum sur l'Europe. "Le NPA se prononce pour la sortie du nucléaire d'ici 10 ans. Dans l’immédiat, il ne faut pas renouveler les centrales en fin de vie et arrêter le programme EPR", déclare le candidat du NPA. Mais il précise qu'"il s’agit d’une politique globale qui dépend du niveau de production d'énergies renouvelables, de la mise en place d'une entité publique pour rationaliser la consommation énergétique ou encore de la politique des transports publics."

 


Parti socialiste

"On ne peut pas ramener ce dossier compliqué et sérieux à la seule question du nucléaire", répond Stéphane Le Foll, directeur de campagne de François Hollande, à l’appel de Jean-Luc Mélenchon. "La question énergétique est très complexe et nous ne pouvons oublier que nous sommes aussi engagés à combattre le réchauffement climatique", poursuit-il. "François Hollande s’est engagé à engager un grand débat national après la présidentielle", souligne le bras droit du candidat socialiste, "et il a réussi à proposer quelque chose de concret et de raisonnable à une échéance donnée, 2025", soit la baisse de de 75% à 50% de la part du nucléaire dans la production d'énergie électrique.

 

Europe Ecologie-Les Verts (EELV)

"Le référendum, c'est l'élection présidentielle. Des candidats seront pour la sortie du nucléaire et d’autres contre. Et nous sommes pour", rétorque Denis Baupin, négociateur d’EELV sur la question du nucléaire. "Nous avons un programme que nous défendons", poursuit l’adjoint au maire de Paris, et "si Mitterrand avait proposé un référendum sur la peine de mort, nous n’aurions pas fêté le trentième anniversaire de son abolition". Denis Baupin admet que "l’objectif de 50% pour 2025 est un point de passage sur lequel on pourrait s'accorder avec le PS", mais insiste sur la nécessité d'un engagement clair de François Hollande "sur une sortie du nucléaire à une certaine échéance"."Une décision indispensable d'un point de vue écologique, mais aussi économique, car les industriels ont besoin de se projeter à long terme", justifie-t-il. 

 

Lutte Ouvrière

"Je ne partage pas la fougue et l’enthousiasme de Jean-Luc Mélenchon vis-à-vis du référendum. Ce n’est pas le summum de la démocratie", explique Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière à la prochaine présidentielle. "Appelez les électeurs à décider une fois de temps en temps sur certains problèmes ne les amène pas à choisir la bonne solution. Regardez l’élection présidentielle", ironise-t-elle. L'enseignante d'économie et gestion précise que "l’objectif est de faire sortir les grands groupes capitalistes du nucléaire". Son appel : "Nous n’appelons pas à la sortie du nucléaire mais à celle du capitalisme".

 

Ronan Kerneur - Le Nouvel Observateur

Tag(s) : #Ecologie

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