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REMANIEMENT : ON PREND LES MEMES,

ON RECOMMENCE!

 

Un pétard mouillé

Un feuilleton de plusieurs mois, un faux suspense ces derniers jours, pour nous annoncer finalement qu'à François Fillon succédait... François Fillon !

Autour de l'ancien nouveau Premier ministre, quasiment les mêmes, avec cependant l'arrivée de Juppé à la défense et le départ de Jean-Louis Borloo, l'ancien ministre de l'écologie.

Et, au-delà des effets d'annonce, que faut-il retenir de ce remaniement sans surprise ?

Il y aurait donc recentrage à droite avec le renvoi des ministres ou secrétaires d'Etat « d'ouverture ». Dehors Kouchner, Fadela Amara… Mais, au fond, même si le gouvernement nouvellement en place, est « resserré » autour de l'UMP, il ne faut pas s'y tromper : la politique menée durant l'acte I du gouvernement Fillon I était aussi brutale que celle à venir. Et cette dernière sera la même : antisociale, liberticide… En un mot : ultra-libérale !

 

Même politique, mêmes effets

La disparition du ministère de l'identité nationale et de l'immigration, rattaché désormais au ministère de l'Intérieur, le renvoi de Woerth ne changeront rien : ce n'est que de la poudre aux yeux. La chasse aux immigrés et aux sans papiers, les expulsions des Roms vont se poursuivre. Ne soyons donc pas dupes. Après le chantier des retraites, d'autres sont dans le collimateur de Sarkozy : la santé, la sécurité sociale, la mise en place possible d'une TVA sociale qui pénaliserait toujours les mêmes, c'est-à-dire les classes populaires. L'acte II du gouvernement Fillon II peut commencer : un « gouvernement de combat » a dit ce dernier. Sûr : contre les salariés, la jeunesse, les chômeurs. L'objectif est toujours de faire payer la crise aux travailleurs et aux usagers des services publics, à l'image de ce que font les gouvernements partout en Europe.

 

Faire vivre la contestation

Aujourd'hui la droite est affaiblie. Même si la loi sur les retraites a été votée, avec et après la mobilisation le gouvernement et Sarkozy restent discrédités et illégitimes aux yeux d'une majorité de la population.

Et cette droite est aussi divisée : les centristes sont écartés ; des ministres sont renvoyés ; les rivalités pour le pouvoir s'échauffent. Le resserrement autour des « fidèles » montre combien le pouvoir a peur, tout simplement, du mouvement social.

La formidable mobilisation de ces derniers mois a révélé les capacités de millions de jeunes, de travailleurs, de précaires à résister. La colère sociale est durable et la flamme de la révolte doit à nouveau souffler contre les nouvelles attaques à venir. Il n'est pas question d'attendre 2012 pour se battre à nouveau.

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