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Solidarité avec le peuple grec

 

Imaginez un scénario catastrophe relatif à un pays en crise financière et en proie à des créanciers venus le piller. Ce qui se passe en Grèce est encore pire que ce que vous avez pu imaginer.

 

Le dernier plan d'austérité vient de tomber comme le couperet d'une guillotine. Le chômage touche déjà 20 % de la population, les salaires vont être baissé de 22 %, le salaire minimum sera restreint à 584 euros par mois. Les impôts sont constamment relevés, des nouveaux sont crées, quelques-fois avec effet rétroactif au début de l'année civile. La première tranche d'impôt sur le revenu est passé de 5000 à 2000 euros annuels. Les baisses effectifs de revenus dépassent donc souvent les 50 %. *

 

15 000 fonctionnaires vont être licenciés. D'ici 2015, 120 000 salariés de plus de 53 ans vont être envoyés en ''réserve'', c'est à dire renvoyés chez eux avec 60% de leur salaire de base. Les hôpitaux manquent de moyens, y compris de médicaments.

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En conséquence, tous les indicateurs sociaux virent alors au rouge. Selon des chiffres non-officiels évoqués par des parlementaires grecques, les suicides auraient augmenté de 25 % en 2010 par rapport à 2009 et, selon le ministère de la santé, de 40 % pendant la première moitié de 2011, comparé à l'année précédente. On note une hausse importante de la prostitution ainsi qu'une hausse des contamination par le Sida et les autres MST. Le nombre de sans-abri n'a jamais été aussi élevé et concerne désormais des individus de la classe moyenne.

 

La démocratie en Grèce n'est plus qu'un mot creux. Rappelons-nous du référendum évoqué par l'ex-premier ministre ''socialiste'' Papandréou et qui fut interdit par Sarkozy et Merkel, amenant le chef du gouvernement à démissionner. Ce gouvernement hétéroclite, allant des ''socialistes'' à l'extrême-droite'' était déjà dépourvu de légitimité. L'ensemble des partis qui formaient la coalition gouvernementale dépasse à peine le tiers de l'électorat. Le Pasok (socialiste) qui a gagné les élections de 2009 avec 44% des voix est à moins de 10% aujourd'hui. Il est désormais la cinquième force politique du pays, derrière les deux partis de la gauche communiste. Les députés ayant refusé de voter le dernier plan de rigueur ont été aussitôt exclu de leurs partis.

 

Mais ce tableau noir ne doit pas nous décourager, seulement nous mettre en garde. Les spéculateurs, la Banque Centrale Européenne et le FMI, ne pouvant se rembourser complétement sur un pays insolvable, vont se retourner vers le Portugal, l'Italie puis tôt ou tard vers la France. Il faut alors savoir que la Grèce est également un lieu de formidable résistance à ces politiques d'austérité.

 

Un exemple de résistance populaire :

 

Des étudiants prennent le contrôle de leur université. Les 800 employés d'un journal préparent leur auto-organisation. A Kilkis en Macédoine centrale, l'hôpital général est maintenant sous contrôle ouvrier. L'hôpital a déclaré que « Le gouvernement n'est pourtant pas acquitté de ses responsabilités financières et, si leurs demandes ne sont pas satisfaites, ils se tourneront vers la communauté locale pour avoir le plus large soutien possible afin de garantir les soins de santé publique gratuitset de renverser le gouvernement et tous les politiques néolibérales. » .

 

Dans plusieurs villes, des communautés ont mis en place des systèmes d'échanges locaux. Les grèves générales se succèdent sans démobiliser, 100 000 personnes étaient devant le parlement grec pour tenter d'empêcher le vote de la honte. Les agences bancaires sont brulées, plusieurs ministères sont occupés par les manifestants.

 

Nous devons donc nous mobiliser en France pour au moins deux raisons. Pour exprimer notre soutien envers le peuple grec en lutte et pour montrer aux défenseurs de l'austérité en France, aux partisans de mesures identiques pour notre pays et à tous les libéraux-fascistes que nous refuserons de telles politiques et que nous sommes prêts également à nous battre comme se battent courageusement nos camarades grecs.

 

Ainsi un rassemblement est prévu à Rodez jeudi 16 février à 18 h, place de la préfecture, à l'initiative du Front de Gauche et auquel s'associe le NPA parce qu'on est cool.

 

GH

 

* Les informations de ce billet sont issues du Monde Diplomatique de décembre 2011, des journaux télévisés de France 2 et BFM TV du 13 février, du site du Nouvel Observateur et du site national du NPA.

Tag(s) : #International

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