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Entamé dans des locaux de police à Épinay-sur-Seine et à Bobigny, conclu au Perreux-sur-Marne par une conférence au titre évocateur d’ Agir pour la sécurité des Français, consacrée à la vidéo­surveillance et à la prévention, le mardi 24 novembre était une énième journée sécurité pour Sarkozy. Elle ne pouvait, bien entendu, que se passer dans les quartiers populaires, des fois que l’électeur n’ait pas fait le rapprochement entre les deux thématiques.

À quatre mois des élections régionales, le président a clairement affirmé que la question serait au centre de la campagne, déclarant qu’ « il faudra que chacun se positionne : est-ce qu’il donne la priorité à la lutte contre la délinquance ou à ses fantasmes ? » Il faut dire que le thème du pouvoir d’achat étant devenu légèrement hors sujet pour l’UMP, le plus simple est de se recentrer sur les fondamentaux.

La priorité du moment : nous surveiller tous, partout et tout le temps. L’État entend en effet consacrer 20 millions d’euros en 2010 à la vidéosurveillance rebaptisée vidéoprotection, et tripler d’ici 2011 le nombre de caméras jusqu’à atteindre 60 000. En septembre, le gouvernement a permis que le préfet d’un département se substitue aux maires qui refuseraient l’installation de caméras sur le territoire de leur commune. Et Sarkozy d’ajouter « Que ceux qui sont contre la vidéoprotection le disent ! Qu’ils disent qu’ils enlèveront les caméras de leurs régions s’ils sont élus... » Ce n’est pas Bertrand Delanoé et le PS qui risquent de le contredire.

Et pour un tour d’horizon complet des boucs émissaires, Sarko est intervenu sur l’immigration : « Je ne veux pas faire d’amalgame odieux entre immigration et sécurité. Mais tant que je serai président, il n’y aura pas de régularisation globale des sans-papiers. » Alors pourquoi systématiquement placer immigration et sécurité dans la même phrase ? En dehors de ces thèmes, le contenu de la conférence ne faisait globalement que rappeler l’adoption d’une vingtaine de textes liberticides depuis 2002 et l’arrivée de Sarkozy à l’Intérieur. Au rang des sujets abordés figuraient notamment la lutte contre les trafics ou la délinquance des mineurs et la protection des établissements scolaires.
Content de lui, le président s’est même accordé un rapide bain de foule. L’occasion pour une vieille dame de l’interpeller : « il faut tout faire pour éviter un retour du FN », a-t-elle réclamé. L’UMP a trouvé la solution : appliquer son programme… Le NPA en propose une autre, nous battre tous ensemble pour combattre ce qui fait exister la tentation FN, ce qui fait exister la tentation de la délinquance : la violence sociale, la misère et l’exploitation !

Aurélien Smirnoff

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