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ARNAQUES ET IMPOSTURE : LE VERITABLE VISAGE DU CAPITALISME.

Devant l’ampleur de la crise qui secoue le capitalisme mondialisé, nous pourrions poser la question, comme d’autres l’ont fait « serait-ce la chute finale ? » mais n’anticipons pas, l’agonie du monstre sera longue et la bataille féroce.

A l’évidence, dans ce climat délétère, ce nouveau désastre financier aura, entre autres choses le mérite, si l’on peut dire, de révéler comme une leçon de choses les turpitudes du système : L’ARNAQUE ET L’IMPOSTURE que pour notre part nous n’avons jamais cessé de dénoncer. Ces deux éléments de l’escroquerie financière sont l’essence même de la démarche capitaliste.

Au-delà de l’incompétence abyssale et ahurissante des thuriféraires d’hier, contempteurs d’aujourd’hui et diafoirus de l’heure, nous assistons à l’exposé magistral du contenu dogmatique du capitalisme, à celui de l’infaillibilité du marché et à celle de la concurrence libre et non faussée, autant de principes habillés des oripeaux de la science économique qui apparaissent, pour ce qu’ils sont, de véritables et tragiques caricatures. Mais sommes nous au bout du chemin ? Car ce n’est pas un accident de parcours, c’est bien d’ une crise systémique qu’il s’agit. Et c’est là que se situe l’arnaque.

Le contre feu a été immédiatement mis en œuvre. Aussi subissons-nous l’instauration d’un véritable tir de barrage psychologique et médiatique, la diffusion d’un opaque écran de fumée fait d’inquiétudes, de discours ambigus et d’analyses issues de l’obscurantisme libéral. Il importe en effet au plus haut point de contenir et de paralyser la réflexion citoyenne. La vérité n’est pas à l’ordre du jour, elle est aujourd’hui plus que jamais capitaliste. Il n’est pas nécessaire d’amener les peuples à la compréhension des mécanismes boursiers et bancaires qui conduisent le Monde au bord du gouffre. Il suffit de leur faire admettre et accepter une pseudo régulation du système qui ne sera en fait qu’une énième restauration. Mais les faits sont têtus car le capitalisme n’a jamais été la solution il est en effet le problème.

C’est lui-même, en recourant à la massive intervention financière de la puissance publique pour le sortir de l’ornière, qui nous démontre par l’absurde ses propres limites. Il nous expose ce qu’il ne faut pas faire et nous trace ainsi le chemin des possibles qu’il appartient aux peuples d’organiser. Cerise sur le gâteau si nous avions des doutes sur les complicités politiques qui l’accompagnent, nous sommes maintenant avertis.

Ce système prédateur agit comme une martingale de casino qui après la sidération de la perte du gain apparaît comme le moyen « de se refaire ». Il nous invite à rester à la table de jeu pour mieux ensuite nous plumer. C’est pour cela que les économistes libéraux pompiers pyromanes pour l’occasion, s’évertuent à nous faire croire que cette crise au-delà des désastres incalculables qu’elle génère chez ceux qui la subissent n’est qu’un dérapage. A les croire il suffirait de battre sa coulpe, de passer les dégâts présents et à venir à la rubrique « profits et pertes » pour faire accepter un capitalisme rénové, réglé cette fois, on vous l’assure, pour répondre au bonheur des peuples. Comme s’il suffisait de corriger la forme pour transformer le fond. Que ne l’ont-ils fait avant ! Incompétents hier pourquoi devrions nous les croire aujourd’hui.

Einstein disait « que l’on ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré ».

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le passé du système en témoigne, il ne s’agit pas d’une crise différente de celles qui l’ont précédée (1929, 1993 et la suite) et due à un mauvais réglage des paramètres financiers. Il n’existe pas de bon capitalisme. Et prétendre comme Sarkozy qu’il ne s’agit que d’une perversion financière anecdotique que l’on peut régler et maîtriser en lui affectant des principes moraux, mâtinés d’un soupçon d’éthique est une escroquerie. Le système ne connaît que le profit, pas la morale. C’est ignorer également  qu’il n’y a pas de capitalisme sans finances et que l’on ne peut réguler ces dernières sans interférer sur les bases mêmes de celui-ci.

 


L’imposture quant à elle consiste, à l’aide d’un discours de circonstance comme le fait Sarkozy, à fustiger les comportements certes fortement contestables mais néanmoins accessoires comme les parachutes dorés, sans remettre en cause les fondements systémiques qui en sont à l’origine, ce qui ne fait, et c’est le but recherché, que renforcer la crédibilité du système qu’il prétend dénoncer.

L’imposture c’est encore maintenir et poursuivre les privatisations. C’est détruire un à un les éléments de la solidarité nationale : E.D.F., Poste, S.N.C.F., Autoroutes et les ressources qui vont avec, bradés aujourd’hui aux actionnaires privés, c’est supprimer tous les services publics qui l’accompagnent : enseignement, sécurité sociale, hôpitaux, retraites par répartition etc.

L’imposture c’est aussi maintenir les structures d’une Europe ultralibérale en imposant aux peuples l’instauration d’un traité constitutionnel au prix d’un déni démocratique.

C’est avec le traité de Maastricht d’avoir abandonné l’élément essentiel de la souveraineté démocratique celui de créer la monnaie et d’avoir confié cette prérogative régalienne aux banques privées du marché capitaliste. Cet abandon est à l’origine de l’importante aggravation du déficit budgétaire public qui justifie toutes les mesures anti-sociales du Gouvernement et écrase économiquement notre pays puisque tout emprunt auprès des marchés monétaires est assorti d’intérêts qui s’élèvent actuellement pour la France à 110 millions d’euros pas jour. On peut ainsi mesurer les limites des garanties offertes aux déposants par le Gouvernement si celui-ci, compte tenu de l’énormité des sommes en jeu, était en cas de mise en cause vraisemblablement amené à contracter un emprunt obligataire sur les marchés financiers pour les dédommager. Là, faut-il le préciser se dessinent les contours d’une nouvelle arnaque. C’est ainsi qu’en acceptant de soumettre le pouvoir politique aux décisions du pouvoir financier privé que s’explique l’affaiblissement démocratique.

L’imposture c’est aussi le refus dogmatique de tout partage des richesses en substituant à la revendication salariale celle de la défense du pouvoir d’achat.

Faut-il continuer car la liste est longue.

Le système capitaliste organisé sur les bases d’une pseudo science économique taillée sur mesure par une pensée néolibérale totalitaire n’est que l’expression policée d’une mafia sans scrupule. Il faut s’y opposer car, après avoir été pressurés par le chômage, la précarité et la pauvreté, après avoir été dépossédés de la quasi-totalité de nos droits sociaux, dépouillés de nos biens communs que constituent les services publics, nous allons devoir maintenant une fois de plus payer la facture que va nous présenter la crise qui s’installe déjà dans la société.

Nous sommes à un tournant.

Aujourd’hui l’enjeu de cet énorme gâchis est crucial. La sortie de ce cauchemar financier est désormais à l’ordre du jour du changement. L’avènement d’une autre société s’inscrit dans l’espace de nos luttes. Le rejet sans appel de ce système et le refus citoyen peuvent encore s’exprimer. Car nous le savons, pris au piège, le capitalisme peut avoir encore recours aux pires solutions totalitaires et guerrières. Il existe des alternatives. Peut-être serait-il temps de les mettre en débat au sein d’une gauche convaincue que le capitalisme n’est pas la solution qu’il est toujours le problème. A défaut vouloir ignorer notre histoire nous condamnerait à la répéter.

Le 10 octobre 2008 Pour l’Alternative Gauche

Guy Holstein



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Tag(s) : #Archives NPA Millau-Saint Affrique
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