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Le nombre inquiète lorsqu’il est, comme ce 29 janvier, porteur d’une colère encore contenue. Lorsqu’il exprime par une profonde solidarité de classe le rejet d’une politique désastreuse. Lorsque il refuse l’acceptation de la fatalité comme une excuse à la pauvreté et à la désespérance.

Mais le nombre rassure aussi lorsque tous se retrouvent dans la détermination de chacun pour que le peuple obtienne enfin ce que le peuple demande.

Ce 29 janvier, fut l’expression d’un rejet massif de la politique portée par Sarkozy. Cette journée fut un moment de force retrouvée. Il nous faut en maintenir l’unité indispensable et d’urgence il nous faut la reconduire.


Car Sarkozy, s’il entend, il n’écoute pas et de toute façon il ne veut pas comprendre.

Que pouvait-on attendre en effet de sa communication présidentielle ? Sinon un plaidoyer « pro domo » sinon une énième tentative de formatage collectif sans aucune perspective pour les revendications populaires. Le tout exprimé sur un ton patelin à la prétention faussement pédagogique. Que pouvait-on attendre de Sarkozy ? Rien ! Pouvait-il en être autrement ! Non.


« Que peut-il nous proposer » ? En posant ainsi la question, il sort de son cadre « de communiquant » et se replace dans celui plus prosaïque de sa politique. De Monarque républicain dont il se plait, en toute modestie, à revêtir l’apparence, il retrouve sa réalité d’adepte du système économique capitaliste dont il assurait encore hier la promotion. Il tente maintenant, dans le style de commis voyageur chargé de la continuité du système, de nous vendre des réformes que nous ne voulons pas.


Pour lui, les effets de cette crise sont étrangers au dogme qu’il revendique « cette crise vient de loin dit-il » comme si la distance suffisait à confirmer et à justifier son constat. La question n’est pas dans ce que Sarkozy est prêt à accepter pour satisfaire les revendications mais bien dans ce qu’il peut consentir sans porter atteinte au contenu des règles capitalistes.

C’est là que se présentent à la fois le paradoxe et l’imposture idéologique.


L’IMPOSTURE.

Sarkozy peut-il en effet renoncer aux réformes engagées : sur la Santé, la Protection sociale, l’Education, la Justice, les Services publics, la Fonction publique, la Poste etc.. Peut-il renoncer « au paquet fiscal » à toutes ces réformes, à celles qui vont suivre ? Qui toutes rappelons-le s’intègrent dans l’idéologie capitaliste. Elles en sont la clé de voûte. Elles en sont l’architecture économique garante de son efficience. Toutes ces mesures ne visent qu’à assurer le maintien et la restauration du système qui est à l’origine de la crise. Toutes font partie du Corpus du Traité de Lisbonne voté le 4 février 2008 par le Parlement et qui s’impose à l’Europe.

La boucle étant ainsi bouclée, les mêmes causes produisant les mêmes effets, ces réformes aboutiront à accentuer les dégâts de la crise qu’elles sont prétendument censées combattre.

Sauf à se renier, Sarkozy est tenu de dénoncer d’un côté les méfaits d’une politique qu’il se doit avec ses réformes de mettre en œuvre de l’autre. On peut comprendre désormais pourquoi il ne s’étend pas sur les impacts de « cette crise venue de loin ». Cela ferait désordre.


Cela ne suffit pas car à cette imposture il faut ajouter les mensonges, et les pièges sémantiques. Ainsi, à « l’augmentation des salaires » on préfère celle du « pouvoir d’achat », à cette différence près que la démarche visant à promouvoir le pouvoir d’achat isole le citoyen dans une action personnelle et aléatoire qui le tient éloigné de la lutte collective et solidaire pour l’augmentation des salaires.

S’agit-il de déficits publics ? Sarkozy évite de préciser, que, sans bouger, la dépense publique peut paraître augmenter si corrélativement on diminue les recettes. Cette augmentation en trompe l’œil n’est en réalité qu’une mystification qui permet de justifier toutes les mesures antisociales, toutes les suppressions d’emplois, les baisses d’effectifs dans la Fonction publique, toutes les privatisations etc. Contrairement à ce qu’il prétend, il apparaît bien que pour encourager la consommation ce ne sont pas les impôts (recettes budgétaires.) qu’il faut baisser mais les salaires (dépenses budgétaires.) qu’il faut augmenter.

On peut comprendre ainsi que ce n’est pas la société qui dans le cadre du capitalisme choisit d’organiser sa démarche économique, et, en particulier avec Sarkozy, c’est le capitalisme qui s’impose et façonne la société à la mesure de ses exigences.


AFFIRMER L’URGENCE DU CHANGEMENT.


Il est désormais clair aujourd’hui, que sauf à y être contraint par des mouvements sociaux d’envergure, Sarkozy ne changera pas le cap de sa politique.

En réponse aux revendications populaires il n’a rien à proposer qui serait contraire aux intérêts de sa classe. Il n’a pas de remède, il n’a que des placebos à offrir aux exigences sociales.

Il n’a qu’un impératif, gagner du temps. Il sait que tout atermoiement sera défavorable aux luttes populaires et favorable à la mise en place de ses réformes qui rendront plus difficile toute tentative de changement.

Gagner du temps c’est, pour lui, permettre à la classe dominante, comme elle s’y prépare déjà, la mise en place de toutes les mesures autoritaires qui assureront par la contrainte la pérennité du système. Déjà, les gardes à vue se multiplient, de nombreux fichiers sont mis en place, des syndicalistes sont mis en cause dans l’exercice de leur mandat. La population est insidieusement, à petites doses, préparée à une reprise en main par l’inquiétude, la peur et la violence des mesures prises.

La présomption d’innocence fait place aujourd’hui à la présomption de culpabilité.

Il y a vraiment urgence pour que se réalise un changement radical.


Guy Holstein

 

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Tag(s) : #Archives NPA Millau-Saint Affrique
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