Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

 

            Sarkozy prétend que la crise financière n’est pas celle du capitalisme, pour lui, c’est la crise d’un système qui s’est éloigné des valeurs les plus fondamentales du capitalisme et qui, en quelque sorte, en a trahi l’esprit. Comme si ce système pouvait avoir des valeurs autres que celles de la Bourse et de la valeur ajoutée, celle qu’il confisque aux salariés par l’exploitation  du travail. Pour nous la cause est entendue, il n’y a pas de contradiction de fond entre le capitalisme tel qu’il devrait être et ce qu’il est devenu en s’éloignant de « ses valeurs fondamentales ». Il n’a fait, par le moyen de ses capacités financières, que se conformer aux exigences de sa logique. Il n’a pas trahi l’esprit du dogme. Il n’a eu qu’à  suivre sa pente naturelle. Il faut cesser de le légitimer en lui accordant une expertise scientifique qui l’autorise à s’affirmer comme l’unique solution possible aux nécessités de la société. Il n’est, et il le prouve, qu’un moyen d’extorsion financière et de prédation économique et sociale.

            Ne voulant pas jeter « le bébé avec l’eau du bain » et exonérer le capitalisme de toute responsabilité dans la crise financière, imputable selon lui à une excroissance pervertie qu’il convient de supprimer pour que tout rentre dans l’ordre, Sarkozy se livre à une véritable mystification, une de plus. Comme si le système pouvait être disjoint de la finance, sa composante essentielle, organisée dans le seul but de capter la richesse produite.

            Pour cela, au-delà de la crise, il faut imposer aux Peuples, tenus à l’écart du débat,  les certitudes d’une pensée idéologique totalitaire, mobilisée pour restaurer le système et maintenir coûte que coûte la suprématie d’une classe.

            La réunion du G.20 du 15 novembre dernier n’avait pas d’autre but. Les quelques mesures prises telles que « promouvoir l’intégrité des marchés financiers, renforcer les coopérations internationales, œuvrer pour la transparence et la responsabilité etc…. » n’engagent à rien. Elles ne sont que des intentions de principes propres à donner le change, en restaurant les velléités morales du capitalisme. Pour autant elles ne changent pas l’évolution de la crise et ne posent surtout aucune alternative qui remettrait  en cause les bases idéologiques du capitalisme.

            Il est maintenant avéré qu’il ne peut répondre à aucune des préoccupations essentielles : économiques, sociales, écologiques.

            Pourtant si son hégémonie atteint les limites géographiques de la sphère économique, il n’est pas cependant, comme on pourrait le croire, à bout de souffle. Il reste plus dangereux que jamais, car à travers la concentration financière il atteint le domaine du pouvoir politique.

            Si pour certains le G.20 apparaît comme un échec, il n’est qu’un échec en trompe l’œil car il s’agit moins en effet pour ses organisateurs, de savoir comment réguler le capitalisme que d’assurer son hégémonie.

            Dans cette perspective, au sein du G.20, la connivence est totale. Il ne met pas en cause les responsables de la crise. Il leur donne les moyens d’assurer la maîtrise de l’économie mondialisée. Il se contente de réguler leur voracité ou tout au moins de la rendre moins apparente.

            Les véritables intentions qui se dissimulent derrière les non dits et qui accompagnent les mesures prises sont en fait de nature politique. Il faut faire accepter aux populations leur surexploitation aggravée par la crise. Il faut maintenir les réformes qui installent le capitalisme dans la durée. Il faut non seulement les faire accepter mais les imposer si nécessaire.

            Il importe de maîtriser la riposte populaire, de museler les syndicats ou à défaut de susciter leur adhésion, de prendre et d’accroître les dispositions liberticides. Car dans sa quête effrénée du plus grand profit, parasite insatiable pour en obtenir toujours plus, le système sera amené à accentuer ses moyens coercitifs d’opposition et d’exploitation jusqu’à la maîtrise totale de son hôte social.

            Fichages et mesures sécuritaires deviennent prétexte à l’introduction de dispositions administratives et policières qui peu à peu enserrent le citoyen et restreignent ses libertés. L’antiterrorisme devient ainsi l’alibi de toutes les infamies qui transforment la nature même de notre démocratie. Les provocations de ces derniers jours, dans l’affaire de l’Ultra gauche terroriste, devraient nous alerter et éveiller notre vigilance.

            En outre, la crise n’a pas les mêmes effets pour tout le monde. Si elle projette les peuples dans les difficultés et la misère, pour les capitalistes les affaires continuent. La spéculation se poursuit, le secteur bancaire se recompose, les concentrations financières et industrielles s’accélèrent. Le  capitalisme se réorganise, il ne se régule ni ne se réforme pas.

            On comprendra que dans la recherche du plus grand profit possible la politique gouvernementale ne soit pas orientée dans la satisfaction des besoins sociaux. On comprendra qu’elle s’applique avec un cynisme certain à les réduire aux motifs que les caisses sont vides. Il n’est pas question non plus de satisfaire les revendications salariales remplacées idéologiquement par la quête de l’augmentation du pouvoir d’achat, au contenu de slogan politique.

Le partage entre dividendes et travail depuis 20 ans, n’a cessé de se faire à l’avantage des actionnaires en leur transférant la quasi-totalité de la valeur ajoutée. Alors qu’en 1982 les dividendes représentaient 4,4 % de la masse salariale, ils s’élèvent aujourd’hui à 12,4 %. La masse des capitaux ainsi prélevée sur le travail, et, orientée dans sa plus grande partie vers la spéculation, est à l’origine de la crise dont les Peuples paieront ainsi une deuxième fois la facture.

            Le G.20 ne pouvait  pas, bien entendu, revenir sur les conditions de cette répartition sans remettre en cause les fondements et les principes essentiels du dogme qui permettent le pillage des richesses produites par le travail.

            La lutte de classes que l’imposture libérale cherche à dissimuler réapparaît, impatiente, vigoureuse, toujours d’actualité à la faveur de la destruction progressive de tous les acquis sociaux, d’une remise en cause des droits du travail, de la destruction de tous les services publics biens communs de la société, du délitement progressif de la sécurité sociale, des secteurs de la santé et de l’enseignement provoqués par les réformes « Sarkozy » et aggravés par la crise.

            Nous sommes aujourd’hui confrontés à un choix politique majeur et déterminant de notre destin collectif.

            Comme le rappelle le philosophe Daniel Bensaïd « Nous ne savons pas si un autre Monde est possible mais il n’y a pas de doute que c’est absolument nécessaire ».

            Il nous appartient de donner aujourd’hui à cette absolue nécessité la rapide évolution qui lui est indispensable.

            Car suivre le capitalisme dans la voie où il s’est engagé ne peut que conduire la société dans une impasse, les peuples à la misère, les politiques au fascisme et l’humanité vers un horizon de guerre, de barbarie et de chaos.

            Des alternatives sont encore possibles. Il est temps de les soumettre au débat et aux choix politiques qui appartiennent aux citoyens. Mais il va sans dire que le choix d’une politique portant un authentique changement se heurtera de front aux  intérêts sociaux des bénéficiaires du régime. Elle ne saurait, pour éviter l’affrontement, maintenir le cadre du système actuel dans une orientation consensuelle, réformiste et social libérale. Ce qui nous ramènerait inévitablement à subir ce que nous rejetons aujourd’hui.

            Le spectacle affligeant que nous donne ces derniers temps le P.S plus préoccupé par les places à prendre que par les luttes à mener, nous confirme qu’à vouloir réformer le capitalisme c’est ce dernier qui l’a réformé.

            La situation chaotique dans laquelle le système a plongé la société s’étale sous nos yeux comme une preuve évidente de son impéritie et du danger à terme qu’il représente. Nous n’en voulons plus.

            Dans ces conditions le changement pour être véritable ne peut être que radical et anticapitaliste.

            La transformation sociale qu’il nécessite doit être dans les luttes, l’expression authentique de celles et ceux qui veulent vraiment changer la société.

            Nous sommes de ceux là.                   

                                                                     
 
G. Holstein pour l’Alternative de Gauche

           

 

 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :