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Pour sortir de la crise, conquérir la démocratie

©photo : Photothèque Rouge/JMB

Extrait du document voté par le congrès national du NPA des 11 et 12 février 2011

Ces exigences légitimes et vitales pour protéger le monde du travail des effets dévastateurs d’une crise dont il n’est en rien responsable ne pourront être conquises que par un mouvement social et politique de masse qui, inévitablement, posera la question de qui dirige la société au nom de quels intérêts.

Les intérêts des travailleurs sont antagonistes de ceux de la minorité qui aujourd’hui tient entre ses mains le pouvoir économique, financier, politique, qui contrôle tous les principaux moyens d’information.

L’évolution du capitalisme ne marie pas harmonieusement démocratie et marché comme nous le vantent tant d’idéologues libéraux. En relation avec la contradiction capital/travail, la phase actuelle du capitalisme se trouve traverséée par une contradiction capital/démocratie. En Chine, la croissance capitaliste s’accompagne d’une dictature maintenue d’un parti-État qui n’a de communiste que le nom. Ailleurs, la démocratie politique recule au même rythme que le démantèlement des acquis sociaux. Plus largement la population est dessaisie, les affaires du monde qui concernent l’ensemble de la population sont tranchées par une minorité de décideurs économiques et politiques dans les conseils d’administration des firmes transnationales, par les marchés financiers, les institutions internationales comme le FMI ou l’OMC qui toutes sont aux mains de l’oligarchie capitaliste mondiale. En Europe, le fonctionnement même de l’Union européenne est en recul vis-à-vis des standards démocratiques européens nés aux XVIIIe et XIXe siècles. L’adoption du traité de Lisbonne est en ce sens parfaitement révélateur de cette confiscation du pouvoir. Dans les États, et en France en particulier, la concentration du pouvoir se renforce tandis que d’éventuels contre-pouvoirs (médias, justice) voient leurs marges de manœuvre réduites. La diminution des libertés publiques, la remise en cause du droit syndical, l’arsenal répressif envers l’immigration, les politiques ultra-sécuritaires, accompagnent la régression sociale. Avec leur cortège de discours et d’actes xénophobes et racistes inspirés de l’extrême droite.

Le droit de décider et de contrôler

Le combat social et le combat démocratique sont donc liés. Il s’agit de défendre les droits démocratiques et de considérer qu’une rupture avec le capitalisme nécessite aussi de nouvelles conquêtes démocratiques permettant aux travailleurs et à la population de s’emparer de leur destin. Défendre les droits des travailleurs et de leurs organisations syndicales, les droits des jeunes et des sans-papiers, des migrants, participe de ce combat. Nous voulons développer et conquérir tout ce qui permet aux travailleurs et à la population d’intervenir directement dans la gestion de la société, dans les entreprises, les services publics, les collectivités publiques.

Cela implique d’imposer la levée des différents secrets bancaires ou commerciaux qui structurent l’économie de marché, de développer le contrôle des salariés sur les principales décisions concernant l’organisation du travail et de la production, de faire trancher directement par la population elle-même à l’échelle du problème posé (local, national, européen…) les principales décisions engageant l’avenir de la collectivité.

Une démocratie politique élargie implique de rompre avec les institutions de la Ve République et leur hyper présidentialisme, de supprimer la fonction présidentielle. De revendiquer la proportionnelle intégrale, l’élection d’une Assemblée constituante, la suppression de toutes les instances qui comme le Sénat ou le Conseil constitutionnel confisque encore plus la démocratie. D’établir une rotation et une limitation stricte des mandats, la parité réelle dans tout corps élu. De développer une citoyenneté complète de résidents-travailleurs basé sur le droit du sol intégral. Ces nouvelles conquêtes démocratiques ne peuvent se penser sans des mobilisations profondes, émancipatrices, inventant de nouvelles formes de pratiques démocratiques répondant aux défis du monde d’aujourd’hui.

Garantir à la population des conditions de vie décentes débouche sur une réorganisation de la production, de la distribution et de la consommation, de l’administration. Elle nécessite un bouleversement démocratique, l’organisation de la population pour qu’elle soit en mesure d’assurer son contrôle à tous les niveaux de la vie économique et sociale. Ce bouleversement signifie une rupture avec des institutions vouées à la défense des classes privilégiées, la mise en place à travers les mobilisations sociales et politiques qui naîtront de l’approfondissement de la crise, d’un gouvernement issu de ces mobilisations, placé sous leur contrôle, capable enfin d’imposer l’interdiction des licenciements et le droit à un emploi stable comme un droit social fondamental pour toutes et tous. Ce gouvernement sera l’instrument d’une réorganisation radicale de la société dont l’objectif sera de mettre la production et l’ensemble des activités humaines au service de la population et non d’une minorité parasite.

Coordonner les luttes au niveau européen pour construire une Europe des travailleurs et des peuples

Dans toute l’Europe est posée la nécessité de traduire concrètement, dans une série de mesures d’urgence, le mot d’ordre des manifestations grecques : «ce n’est pas aux travailleurs et aux peuples de payer la crise, c’est aux capitalistes!» Le rejet des plans d’austérité doit s’accompagner d’une politique d’ensemble qui s’attaque à la logique capitaliste, propose une autre répartition des richesses et n’hésite pas à remettre en cause la propriété capitaliste. C’est avec cette perspective politique que nous travaillons à la convergence et à l’unification des luttes par-delà les frontières, en collaboration avec les différentes forces anticapitalistes européennes.

Ces propositions exigent la rupture avec l’Union européenne actuelle. Mais l’Europe est bien la bonne échelle pour avancer des solutions à la crise. C’est à ce niveau que doit se déployer un projet de coopération étroite dans la mise en commun des ressources humaines et technologiques au service des besoins sociaux, des projets industriels, des innovations portées par les économies d’énergies, la substitution vers les énergies renouvelables et la protection de l’environnement, de nouvelles relations avec les peuples du Sud. Mais cela ne peut se faire dans le cadre de l’Union européenne qui est fondée sur la «concurrence libre et non faussée» des capitaux et la recherche du profit maximum. Cela ne peut se faire non plus dans le cadre de replis nationaux, même si la lutte peut commencer sur le plan national en y ouvrant des brèches dans la domination capitaliste. Il faut une réponse européenne à la crise, en rupture avec l’UE. La crise exige des solutions radicales sur le plan socio-économique et écologique comme sur le plan démocratique. Il faut mettre à bas le type de construction européenne faite à ce jour, rejeter les traités européens, démanteler les institutions actuelles pour ouvrir un processus constituant pour une nouvelle Europe des travailleurs et des peuples.

Contre le militarisme et l’impérialisme, pour la coopération des peuples

Alors que tous les gouvernements prêchent et imposent rigueur et austérité à la population, les dépenses militaires, ce gaspillage éhonté, ne cessent de progresser. Le développement de l’économie de marché et du libéralisme à l’échelle mondiale à un niveau jamais vu s’accompagne d’une montée du militarisme, du maintien du monde dans un état de guerre chronique. Pour s’assurer le contrôle des sources d’approvisionnement en matières premières, en pétrole, comme celui des circuits des échanges, pour maintenir leur domination contre les peuples et tenter de préserver un équilibre mondial, que leur politique déstabilise en permanence, les USA et leurs alliés regroupés dans le cadre de l’OTAN accroissent leur pression militaire. Au cœur de cet affrontement, l’Afghanistan est le théâtre d’une guerre sans fin, comme encore en Irak ou au Moyen-Orient contre le peuple palestinien.

Nous ne voulons pas payer pour leurs guerres impérialistes, nous voulons mettre fin à ce gaspillage humain et à ces destructions. Nous plaçons au cœur de notre combat la lutte contre la guerre, pour le retrait de toutes les troupes d’Afghanistan, pour une paix démocratique qui respecte le droit des peuples. L’Europe qui naîtra de la convergence des luttes sera une Europe de la paix, une Europe de la coopération des peuples pour mettre fin au militarisme.

Tag(s) : #Archives NPA

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